‹ Cahiers de doléances des bailliages des généralités de Metz et de Nancy pour les États généraux de 1789. 1. sér.; Département de Meurthe-et-Moselle (volume 3)Chapitre 130 sur 246 · LXXVIII · texte numérisé non relu

LXXVIII

« Procès-verbal d'assemblée de la communauté de Hellering, pour la nomination d'un député. »

i8 mars 1789,

« Sont comparus par-devant nous, Barthélémy Mengner [syndic], Louis Ditche, Jean Wevre et Jean Esse, tous les quatre élus de précédemment, suivant les ordonnances du Roi notre sire, pour former assemblée, les 16 habitants qui composent ladite communauté et y compris les femmes veuves, ce qui renferme en total le nombre de if\ feux. »

Député : Louis Ditche, l'un des quatre élus, laboureur.

Signatures: Barthélémy Mengner, syndic; I. W., éla; Andréas Converti! ; -j-, marque ordinaire du sieur Louis Ditche, dépaté.

LXXVIIP

Cahier des plaintes dont la communauté de Hellering a l'honneur de présenter en remontrance

1° Cette communauté prie instamment Sa Majesté de vouloir bien lui accorder un rabais dans le sel qu'elle est obligée de payer huit sols de France la livre, et lequel elle est obligée d'aller quérir dans un magasin à trois lieues de son endroit, ce qui gêne beaucoup, tandis que ladite communauté a un magasin de Lorraine à un coup de carabine de son endroit, auquel celte susdite communauté voudrait être assujettie par la suite.

2° Les composants de la communauté espèrent que Sa Majesté, par une raison de sa grande clémence, voudra bien contribuer à ce que la Noblesse et le Clergé payassent la subvention à proportion de leurs revenus, afin que l'on puisse alléger la pauvre populace du fardeau dont elle est surchargée, et qu'elle a grande peine de porter, et cependant toujours soumise aux ordres de son roi.

356 BAILLIAGE DE ViC

3° Ladite communauté a l'honneur de remontrer qu'elle n'a aucun bien en possession que par accensement au profit des seigneurs de l'endroit, à raison d'un bicliet de grain par chaque jour de terre, moitié froment et moitié avoine, qui se paye annuellement: les terres ensemencées ou versaines payent les unes comme les autres, pour lesquels biens ladite communauté est beaucoup surchargée de deniers appelés vingtièmes ; elle demanderait une modération sur cet exposé ; du passé, les seigneurs de cet endroit avaient donné grande mesure d'arpentage, de sorte que depuis peu ils ont arpenté le ban,donné petite mesure d'arpentage et grande mesure pour la livraison desdits grains que l'on est obligé de leur payer ; nous prétenderions à présent d'être mis sur l'ancien pied concernant la livraison d'arpentage et délivraison de rentes.

4° La susdite communauté a aussi l'honneur de vous représenter qu'elle est une des plus j)auvres de la subdélégation, qu'elle a eu la vaine et grasse pâture du passé dans les bois des seigneurs de l'endroit, et qu'à présent ces messieurs l'en privent, et elle prétendrait qu'il soit ordonné qu'elle soit remise sur son ancien pied, vu qu'elle n'a aucun l)ois ni vaine pâture communale : voilà ce que les soussignés ont l'honneur de représenter, à Hellering, le i8 mars 178g.

5" Ladite communauté se trouvant totalement dans le cas de ne plus pouvoir vivre à cause d'une grande partie en deniers rovaux qu'elle est oliligée de payer au Roi, et n'ayant aucune pâture pour pouvoir nourrir des bestiaux à (;piuse que nos seigneurs mettent une partie de leurs bois en coupe, et le reste à blanc estoc, et laissent ces terrains à des particuliers déforains qui nous bouchent jusqu'au passage de la fontaine pour faire boire nos bestiaux.

(5" Les trois seigneurs ont dans leurs châteaux deux colombiers fortement assortis de pigeons lesquels, au contraire de l'ordonnance, nous font surtout dans le temps de la seniaille un dégât considérable sur notre ban. Nous espérons qu'il en sera autrement ordonné dans la suite.

7" La susdite communauté s'est déjà plainte ([u'elle n'avait ])oint de [)àlure sur son ban, et qu'elle paye une grosse subvention (|ui, maigrt' les seigneurs, ne laisse pas de mettre sur le ban un troupeau de moutons qui le ronge et ôte la substance du peu de nos bestiaux.

CAHIER DE HELLERIXG 35^

8° Ladite communauté se plaint de l'inriratitude du ban et de son produit et (jue nous payons à cet égard grosse subvention, ayant dans ledit ban petite mesure d'arpentage, qui contient deux cent cinquante verges à dix pieds la verge et pour l'un desquels jours et terres nous sommes obligés et annuellement six sols et demi de vingtième, qui fait en total pour ladite communauté par an 552^ 17 s. 3 d., pour la subvention à payer pour la présente année 249* 19 s. 5 d., pour la capitation de la même année i)ayable par ladite communauté la somme i34* 8 s. 6 d.,pour ponts et chaussés, idem 64"^ 8s.

9° La susdite communauté espère se conformer aux demandes de toute la province que la circulation soit libre dans les Etats en abolissant les droits d'acquits et droits de glaive qui gênent beaucoup ladite circulation, ainsi que d'abolir la régie et marque des cuirs qui ne peut être d'un grand rapport à Sa Majesté.

10° Nous espérons que Sa Majesté très Chrétienne voudra bien nous faire rentrer dans nos anciens droits, et nous donner le sel et tabac comme anciennement : nous nous soumettons d'aider notre bon roi et de répandre jusqu'à notre dernière goutte de sang pour sa personne.

Barthélémy Mengner, syndic; L W ; Andréas Converth.

HELLIIYIER (partie France)

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