CAHIER DE BETTING
desquelles la communauté est chargée tant pour les deniers de Sa Majesté, que droits seigneuriaux, entretien de l'église, maison ciiriale, maison de chantre, pâtre, gages du maître d'école, dîmes, redevances en grains, qui se montent à deux mille quatre cent quatre-vingt-douze livres onze sols. Il y reste [tant] à 'cette communauté qu'au seigneur, déduction faite des deux mille quatre cent quatre-vingt-douze livres onze sols, il y reste que 463i* pour entière subsistance [tant] du seigneur que de la communauté.
Plaintes et remontrances
Le village de Betting s'est appauvri notablement par les augmentations des impôts, subvention, vingtièmes et tribut de Sa Majesté ; par la cherté des bois, par augmentation du sel et tabac, par les impôts sur les cuirs, papier, carton, par augmentation des droits de notaires, sceau, contrôle, droit d'acquits, où nous sommes écrasés, au milieu de la Lorraine et frontière d'Empire.
Le sel et tabac est une cherté excessive : les sujets mangent quelquefois la soupe sans sel, faute d'argent ; si les sujets avaient le sel à un prix raisonnable, ils pourraient en donner à leurs bestiaux ; ils bonifieraient leurs mauvais fourrages ; l'on pourrait faire des engrais en bœufs, moutons; l'on pourrait avoir des bêtes grasses à tout temps et saison en abondance. L'argent ne serait pas si rare, elle resterait au moins dans la province ; les fumiers seraient un double bien pour engraisser les terres maigres.
Le tabac est trop cher, que tous les gens du commun ne peuvent pas en user ni acheter. Ceux qui en font usage se mettent quelquefois à faire de la contrebande, et risquent par là à perdre leur vie, leurs honneurs et leurs biens, souvent le revenu total des familles.
Les salines, forges, usines, Maîtrises sont cause de la cherté du bois dans toute la province.
Chaque province peut être chargée à l'avenir de l'administration qui a été ci-devant confiée aux intendants. Cela ne serait pas si coûteux au Roi ni à la province.
La néghgence et retard des subdélégués sont cause à
beaucoup de démarches, occasionnent des grands frais aux communautés.
124 BAILF^IAGE DE VIG
La justice est assez régulière, mais trop coûteuse; surtout, les inventaires sont excessifs ; que les sujets ont droit à se plaindre !
11 serait plus avantageux pour l'Etat qu'à l'avenir les prévarications des ministres et tous gens en place soient punies comme les gens du commun.
Il serait à souhaiter qu'à l'avenir l'on [ne] puisse arrêter emprisonnés tous chacun qui se trouvent dans le cas de s'y trouver, sans permission exprès et décret des juges.
L'éloignement du Bailliage est préjudiciable à cette communanlé : les démarches sont trop coûteuses.
Les sujets de cette communauté se plaignent, étant enclavés dans la Lorraine, contre les Employés, et préposés des droits d'acquits, de leur façon d'agir par des violences, vexations, maltraitements.
L'on vexe celte communauté contre des titres d'acensement passés à la Chambre des comptes de Nancy, des droits que la communauté a à percevoir du mort et blanc bois, grasse et vaine pâture dans la Ibrét de Betting, terre de Lorraine, faute par les Maîtrises.
Par la grande pauvreté des sujets de la communauté de Betting, les seigneurs intentent des procès journellement pour vexer les droits à leurs appartenant sujets sur la grasse et vaine pâture dans les bois des seigneurs.
Les sujets de Betting sont éloignés d'une lieue de leur mère église, mauvais chemins, occasionne souvent des maladies aux pauvres peuples.
Il serait de l'avantage à tous les sujets du royaume que l'édit du mois de mars 17G7 soit dérogé, aboli totalement, qui permet la clôture des prés, terres et autres héritages, cause souvent des grands procès d'entre les sujets, et de laisser à l'avenir jouir comme du passé avant l'édit.
La phiinte en général des sujets dans le royaume est certaine (pic la Ferme générale cause la plus grande partie de la pauvreté du peu[)le; elle se trouve soutenue, et prend la liberté royale et autorité d'agir par des violences, sans avoir égard aux pauvres sujets de la campagne par la trop grande soutenance des em[)Ioyés et préposés ; que la plainte est générale des sujets contre les excès et violences faites par lesdits emp'nvrs, et préposés des droits d'acquits, n'y parvient jamais