‹ Cahiers de doléances du bailliage d'Arques (secondaire de Caudebec) pour les États généraux de 1789Chapitre 32 sur 157 · SA1 NT-LAU RENT-D’E NV E RMEU · texte numérisé non relu

SA1 NT-LAU RENT-D’E NV E RMEU

Réuni à Envermeu, en 1822. Dép. : Seine-Inf. ; arr. Dieppe ; canton : Envermeu.

Gén. : Rouen ; El. : Arques.

Pop. : 1738 : 11 f. ; 1789 : 10 f.

Patron : l’abbé du Bec (2). Seigneur : Cath. Françoise Baudouin, darne de Gonseville, baronne d’Envermeu.

Procès-verbal

Assemblée dimanche 1er mars, devant Nie. Dubos, syndic; 7 comparants : Ant. Aubé, P. Peltier, J. Chevalier, L. Hardy, Mic. Aubé, Franç. Couvreur, Ils ont signé le procès-verbal ; en plus signature de L. Troude, qui du reste est tout à fait informe.

(1) Cn 1789, taille : 590 1. (en tout 607 1. 17 s. 5 d.) ; accessoires : 345 1. ; capitation : 373 1. ; en plus, la collecte des deux derniers articles : 11 1. 19 s. Exempt : J. -B. Béhérav, curé, fait valoir son manoir prcsbytéral 4 acres de terre et la dîme. — Le syndic Bourard, teinturier, est imposé à 18 I. 14 s.; P. VaMée, (ferme de 40 acres de terre, 4 acres de prairie pour 1.000 1.), paie 242 I. Franç. Lheureux, blanchisseur de fit imposé à 13 1. 4 s. — La paroisse comprend des tisserands des toiliers et des teinturiers, qui ont des représentants à l’assemblée. (Arch. S. -Int, C. 1888).

(2) Le prieuré de Saint-Laurent d’Envermeu, fondé vers 1050 par Hugues et Turold d’Envermeu pour des chanoines réguliers, fut donné peu après à l’abbaye du Bec. Depuis la fin du 16e siècle, il ne subsistait plus que comme bénéfice simple : le prieur commendataire, en 1789, était l’abbé d’ Eygurande, dont il sera question dans le cahier.

SAINT-LAI' R ENT-D’ENVE RM EU

Députés : Dubos, syndic, Trou de « herbager de cette paroisse, absent ; personnages dignes de cette confiance par leur intégrité » (1).

Cahier des plaintes et doléances

des habitants de la paroisse de S aint-Laurent-d’ Envermeu.

1. Ant. A’ubé, J. Chevalier, P. Peltier, petits propriétaires de cette paroisse, représentent qu’ils paient les vingtièmes à un taux supérieur que Mlle de Gonseville, noble et riche propriétaire dans la même paroisse, et que, si les biens ecclésiastiques, possédés par M. le curé et M. l’abbé d’Aiguirapde, payaient les vingtièmes, l’un, pour le revenu de sa cure, et l’autre, pour les biens-fonds d’un riche prieuré, ils se trouveraient déchargés, — et qu’il serait juste de répartir cet impôt sur tous les biens et revenus, sans avoir égard aux qualités des possesseurs (2).

2. Tous les habitants en général se plaignent que leurs dîmages se trouvent à portée d’être cultivés par ceux de Notre-Dame d’Envermeu et, ayant droit les cultivateurs d’Envermeu de se faire enrôler pour la taille de ces dites terres au lieu de leurs domiciles, ceux de Saint-Laurent sont surchargés. Ils souhaiteraient qu’aux Etats généraux il fût arrêté que chaque fonds taillable payât la taille sur la paroisse où il est assis (3).

3. Les mêmes habitants se plaignent de payer à M. leur curé la verte dîme à la onzième, tandis qu’on ne paie cette même dîme

(1) Le procès-verbal est le modèle imprimé. L’assemblée ne comprend que des cultivateurs : le syndic et député, Dubos, (ferme de Mlle de Gonseville : 30 acres de labour, 2 acres de pré, 5 acres d’herbage pour 600 1 ), imposé à 198 1. ; Troude, (maison et lierbage’de la même, etc., pour 620 1.), imposé à 119 1. Un autre comparant, Hardy, fermier du prieur de Saint-Laurent, paie 196 1.

(2) Ant. Aubé : maison, demi-acre d’herbage, 6 acres de terre : revenu, 100 1., paie 30 1. 16 s de taille, accessoires et capitation; J. Chevalier : maison, 4 acres d’herbage, revenu, 80 1., paie 171. 12s.; Peltier: maison, demi-acre d’herbage, 5 acres de terre: revenu, 80 1. paie 18 1. 3 s. Nous ne pouvons donner le chiffre de leurs vingtièmes. Tous les trois assistent à l’assemblée. — Mlle de Gonseville était propriétaire, en particulier, de la ferme de Dubos, mentionnée dans la note précédente : en 1755, elle appartenait au président de Courvandon : le revenu était évalué à 563 l.et elle payait 28 1. de vingtièmes. Le prix avoué en 1789(600 1.) paraît bien faible. L’abbé d’Eygurande, prieur de Saint- Laurent, avait une ferme de 3 acres de masure, 50 acres de labours, louée 780 1., {12e déduit), à Hardy, en 1789. (Arch. S.-Inf., C. 533, f. 265).

(3) Déjà, le 18 déc. 1787, l’assemblée provinciale avait demandé la suppression de la faculté laissée aux contribuables de transporter leurs impositions d’une paroisse à l’autre : elle voulait que les terres payassent dans la paroisse où elles étaient situées. Sur cette question du transport des impositions, c. f. Blosseville, 2, et la note, Dracqueville, I, 13. — En 1789, (le rôle est daté par erreur de 1788), taille : 361 1 en tout: acc. : 2081 ; capit.: 225 1.; au total 794 1 2 s. 5 d. Un seul exempt, le curé (Arch. S.-Inf., C. f., 1889).

BAILLIAGE D’ARQUES

dans plusieurs paroisses voisines qu à la treizième, de payer la dîme de sainfoin, fèves, trèfles, etc. et autres dîmes insolites (1).

4. La suppression des gabelles flatterait et soulagerait les habitants, ainsi que quelque changement dans les aides.

b. Les mêmes habitants supplient leurs représentants aux Etats généraux de faire nommer dans chaque paroisse quelqu’un, comme le syndic ou un autre, pour y tenir la police, empêcher qu’on v boive, dans des maisons publiques, pendant l'office de la paroisse et après neuf heures du son, et que les délinquant s soient condamnés à une amende en faveur des pauvres de ladite paroisse.

Signé : Aubé, Chevalier, Pelletier, Dubos, Hardy, Couvreur, Troude, Aubé.

Page 1