MILICES
Doléances. — La Nation doit, sans contredit, des sujets à son prince, mais la manière par laquelle on procède au tirage des milices lui est fort onéreuse.
Pour un seul homme qu'il sera question de fournir, il faut que des paroisses, distantes des subdélégations de dix à douze lieues, s y rendent pour le tirage. Il faut mettre en mouvement quarante à cinquante garçons, avec les syndics de chaque paroisse et plusieurs pères de famille pour faire valoir leurs privilèges d'exemption. On laisse à apprécier la dépense énorme que cela occasionne (2).
(1) Voir le cahier d*Athis, page 41.
' (2) Voir le cahier de Beaulieu-en-Argonne, page 71.
PÈREBRIANGES 295
Remède. -- Il semblerait que, pour remédier à cet inconvénient, il y aurait un moyen bien simple qui serait d'établir des subdélégations dans de fortes paroisses d*un certain arrondissement, ou nommer des commissaires qui se transporteraient dans une des plus fortes communautés qui se trouveraient réunies pour le tirage. La dépense serait beaucoup moins considérable.
Ou bien, ne pourrait-on pas adopter un plan dont il a été parlé : fixer une somme d'argent au profit de TÉtat pour chaque garçon qui aurait Tàge, soit qu'il ait la taille ou non, laquelle somme serait représentative de la milice pour acheter des hommes qui ser\iraient de bonne volonté, plutôt que d'enlever souvent à des pères de famille des enfants qui sont leur unique consolation et leur unique ressource dans leur vieillesse et leur misère, et qui ne servent que forcément.
INTENDANCES, SUBDÉLÉGATIONS, DOMAINES, CONTROLE, CONSIGNATIONS, etc., e\ç.
Doléances et remèdes, — Il est ceiiain que dans toutes ces différentes parties de l'administration, il se trouve bien des abus et des vexations qui accablent la Nation. Nous ne les connaissons pas assez pour en faire le détail. C'est pourquoi nous nous bornerons à faire des doléances, et nous laisserons à des personnes plus éclairées à exposer ces abus et à proposer les moyens d'y
remédier.