L'ÉPINE
ANALYSE DU PROCÉS-VERBAL. [La communauté de L'Épine (1) était composée de 104 feux environ. — L*avis pour la convocation fut
comme bois de chauffage. — M. Brissoo raconte la façon dont on se procurait du bois, auparavant, à vingt-cinq ou trente kilomètres ducAté d'Étoges : « C'était un voyage des plus importants ; plusieurs cultivateurs se réunissaient : on partait avec sa voiture à neuf ou dix heures du soir et l'on ne rentrait que le lendemain à cinq heures de l'aprés-midi. On a calculé qu'il fallait environ quatre à cinq cents francs de bois par an. Ce bois n'était pas du bois de corde, mais de longs et gros fiigots. On n'en remisait guère qu'une cinquantaine pour l'année. Dans les soirées d'hiver, et même le matin au lever, on brûlait sous le nom de fouées des brassées de paille de sarrasin recouverte de cendres. — Plus tard quelques ménages eurent recours à la tourbe des marais de Saint-Gond ».
(1) Arch. de la Marne, ibid. (procès- verbal, douter b, pièce 202, Cahier, dossier c, pièce 12S : 5 pages non cotées ni paraphées ; visa de Prieur).
Sources doc. acc. — Arch, de la Marne, C, 625 : Administration de la communauté ; école ; usages ; comptes des syndics ; route, etc. — C, 877 et 945 : Impositions. — C, i046 : Vingtièmes. — C, i255 : Étapes. — C, 1569, 1659, Î670 : Ponts de L'Épine et de Melette sur la Vesle. — C, 1591 : Corvées. — C, Î864 : Église et presbytère. — C, 249à : Don de bois aux Minimes de L'Épine (1625).- G, Î05, M7, 457, 489, 976, 9S9, 9S4, f8S4, etc. : Biens de la cure de L'Épine et Melette ; dîmes ; — etc. Bibliographie. — De nombreux articles et quelques courtes monographies archéologiques de Povillon-Piérard (1825), Guérin (1840), de Grandrut (1855), du curé de L'Épine Barat (1860), de Didron (1864). de l'abbé Puiseux (1892), de Demaison (1895), de Misset (1902-1905), etc., sont consacrés exclusivement au magnifique monument du xv siècle, « à cette splendide fleur de l'architecture gothique », selon l'expression de Victor Hugo (Le Rhin, lettre III, 1" vol., éd. Hachette, 1876, in.l2, page 52), à la superbe église qui fait l'ornement de ce village perdu dans les plaines de la Champagne pouilleuse.
— L'Épine appartenait à l'élection de ChÂlons-sur- Marne ; le 1*^ septembre 1787, la commission intermédiaire proposa de l'ériger en chef-lieu d'un des six arrondissements de l'élection. — Aujourd'hui la commune fait partie du canton de Marson, arrondissement de Châlons.
— Dénombrement de 1773 : 102 feui^ roturiers et 2 ecclésiastiques.— Population : 128 hommes, 152 femmes, 42 garçons et 49 filles, soit 571 habitants.
lu et publié le 1er mars 1789. — Le 8, les habitants se réunirent sous la présidence de Jean-Baptiste-Edme Gillet, lieutenant en la justice et communauté de L'Épine, assisté de Et« Délavai, greffier. — Le procès-verbal constate la présence de Jean Babelot, Pierre Perardel, notable, Sébastien Galichet, notable, Jean-Benoist Bourguignon, notable, Nicolas-Joseph Gobillard, notable, Jacques Roj^er, Nicolas Montel-Marquis, Louis-Gaspart Martin, Laurent-Pierre Paind'avoine, Pierre Galichet, Nicolas Jacquet, Jacques Brocq, François Montel, Claude Cogery, Jean-Louis Vallery, Pierre Chazé, Nicolas Godart, Claude Godart, syndic, Jean Chazé, Augustin Hubert, Louis Coller}', Nicolas Caquet, Claude Perardel, Claude-Memmie Collard, Louis Bayen, et encore, d'après les signatures, Ambroise Vallery, Pierre Montel, Nicolas-Appert Collin, Claude Bayen, Pierre Croix, L.-G. Martin, Jacques Bayen, Jean-Baptiste Bayen, Nicolas Bayen, Nicolas Brocq, Nicolas Bayen, Jacques Changenot, Nicolas-Appert Simonnet, François Bayen, Nicolas Bourguignon, P. Galichet. — Les députés furent le syndic Claude Godart et Jacques Royer.]
CAHIER
Plaintes, doléances et remontrances de la communauté de UÈpine.
Remplis de Tesprit de bonté et des vues de bienfaisance dont
Sa Majesté veut donner le plus grand témoignage à son peuple
en adoucissant ses maux par l'allégement du poids des impôts
et par Tordre mis aux abus, nous nous sentons animés d'un zèle
vraiment patriotique à travailler sans relâche aux moyens
sérieusement réfléchis de nous rapprocher le plus qu'il nous
sera possible de ses intentions généreuses, en suppliant MM. les
députés chargés de nos doléances de les faire agréer à Sa
Majesté, toujours attentive à la voix des malheureux ; le détail
suivi et motivé de ce qui en fait le principal objet donnera lieu
de connaître l'esprit de raison et d'équité qui dirige notre crayon.
Savoir :