GROS-MANQUANT OU TROP-BU
L'assujettissement au gros-manquant ou trop-bu (2) est d'autant plus désagréable qu'il est peu raisonnable ; personne, sans doute, n'ignore sa dureté qui tient même de la tyrannie ; si on le croit un moyen sûr de prévenir la fraude, de l'empêcher ou de la détruire, un innocent doit-il en être victime ? Si la réalité de la fraude existe, que l'on suive et veille la conduite du réfractaire ; s'il est surpris, les lois le puniront ; mais que, sur des faux soupçons, faux renseignements et quelquefois préventions, on n'aille point arracher des mains d'un homme, que la générosité ou la nécessité aura forcé de faire une consommation forte ou rapide, un droit qu'il n'a jamais dû que pour avoir régalé des amis, fait des marchés et eu des occupations qui auront demandé des ouvriers ; cette perception, présentée sous les yeux de Sa Majesté d'une manière plus détaillée et circonstanciée, obtiendra de sa justice le droit qui lui doit être fait et qui est le vœu commun de la Nation française.