XXVI INTRODUCTION
Archives parlementaires (t. II, p. 595) (1), aucun autre document de cette collection n'a été publié dans les études , revues^ monographies de villages parues jusqu'à ce jour. Tout au plus certains de ces ouvrages, tels que les monographies d'Aigng^ par M. Ginat (page 28), de Juvigng, par l'abbé Aubert (p. 362), de MatougueSf par l'abbé Henry (p. 442), de Triaucourt, par Lemaire (p. 739), ont-ils noté l'existence du cahier de doléances de ces communautés, et en ont-ils donné quelques extraits ou analyses sommaires.
Ces documents ont cependant été déjà examinés dans un mémoire présenté en 1884 par l'abbé J. Puiseux à la Société académique de la Marne sous le titre : « Les Cahiers de doléances du Tiers état rural du bailliage de Châlons-sur-Marne en 1789 » (Chàlons, imp. F. Thouille, 1884, in-8° de 41 pages). Mais cette étude d'ensemble est très succincte. L'auteur, tout en reconnaissant « l'importance considérable des cahiers de communauté pour l'histoire de la Révolution », ajoute « qu'ils nous initient à la situation d'esprit du Tiers état des campagnes à la veille de ce grand mouvement, qu'ils nous révèlent les influences qu'il a subies, les passions qu'on a éveillées dans son sein, les convoitises qu'on y a allumées » ; c'est au point de vue purement psychologique qu'il examine ces documents, essayant de prouver « qu'ils n'ont été rédigés que dans un moment d'exaltation et sous l'influence des plus malsaines agitations », ... « qu'ils ne sont pour la plupart qu'un tissu de plaintes souvent exagérées,
de déclamations violentes et de sophismes hardis . » Ce
mémoire critique ne doit être utilisé qu'avec une extrême prudence.
Nous ferons ressortir en détail, dans notre étude économique de la convocation des États généraux dans la généralité de Chàlons, le rôle des officiers de justice et la part prise par eux dans la rédaction des cahiers des communautés dont ils présidèrent les assemblées. Du reste, on trouvera déjà, au cours de notre publication, quelques notes sur l'influence de certains d'entre eux qui firent même adopter par un groupe de villages voisins les uns des autres, le même cahier préparé souvent à l'avance. Dans ce cas, disons en passant que nous nous sommes
(1) Voir page S.