‹ Cahiers de doléances pour les États généraux de 1789Chapitre 27 sur 262 · I. LES ASSEMBLEES DE CORPORATIONS · texte numérisé non relu

I. LES ASSEMBLEES DE CORPORATIONS

La ville de Châlons-sur-Marne comprenait 55 corporations d'arts et métiers, d*arts libéraux, de négociants, groupes d'habitants et juridictions :

1. Le siège prévôtal. — 2. Le bailliage royal. — 3, L'élection, — 4. Le bailliage de Châlons, Comté-pairie de France. — 5. Le bailliage du Vidamé. — 6. Le bailliage du Chapitre. — 7. L'échevinage de la police. — 8. Le bailliage de Toussaint. — 9. Le bailliage de Saint- Pierre -au- Mont. — 10. La juridiction consulaire. — 11. Les bourgeois et citoyens libres. — 12. La société de l'Académie. — 13. Le corps des médecins. — 14. La communauté des notaires. — 15. L'ordre des avocats. — 16. I^ communauté des procureurs. — 17. La corporation des huissiers et sergents. — 18. La corporation des maîtres en chirurgie. — 19. La communauté des fabricants. — 20. La communauté des imprimeurs, libraires et relieurs. — 21. La communauté des orfèvres et horlogers. — 22. La communauté des apothicaires. ~ 23. La communauté des épiciers. — 24. La communauté des marchands drapiers et merciers. — 25. La juridiction du grenier à sel. — 26. La corporation des maçons et des couvreurs. — 27. La communauté des perruquiers et barbiers. — 28. La communauté des fabricants de bas. — 29. La communauté des amidon niers. -- 30. La

(1) Bibliographie : Barbât, Histoire de la ville de Châlons et de $e$ monuments^ Châlons, 1868, texte et atlas, 2 vol. in-8». — Barthélémy (Ed.), Histoire de la ville de Châlons-sur-Marne^ Châlons, 1854 in-8». ^ d*Hastbl, Histoire de la ville de Châlons depuis i7S9^ Châlons, 1854, pi. in-8«. — Grignon (Louis), Topographie historique de /a ville de Châlons, Châlons, 1889, in-8».

Sources manuscrites locales de l'histoire économique de la ville : Arch, dép. de la Marne, C, 544 â 552 : Administration de la ville de Châlons de 1704 à 1790.— C, 831 : Répartition de U taille (1789-1790); matrice des rôles des anciens privilégiés. — C, 458 à 461 : Industrie et commerce de Châlons : états des jurandes et maîtrises, etc. ^ C, 482 à 486 : Dossiers concernant les diffé' rents corps d'arts et métiers au xviir siècle. — C, 1010 â 1023 : Capitation de la ville de Châlons (1752-1789). - C, 1122 : Aides et gabelles ; Héhellion contre les agents de la ferme des aides. — C, 1236, 1245 à 1255 : Etapes et convois. — C, 1308 : Logement de gens de guerre. — C, 1323 et suiv. : Maréchaussée. — C, 1201 et suiv., 1784 : Prisons.— C, 1657 â 1668 : Ponts.— C, 1710-1711 : Ateliers de charité. — C, 1743 et suivants : navigation de la Marne. — C, 1747 : Moulins de Châlons. — C, 1793, 1821 à 1823 : Eglises, revenus, charges, etc. — C, 1941 à 1944 : HôpiUux. - C, 1955 : Incendies ; etc.

communauté des cordonniers en neuf et en vieux. — 31. La communauté des couteliers, armuriers, arquebusiers et fourbisseurs. — 32. La communauté des poissonniers. — 33. La communauté des bouchers et charcutiers. — 34. La communauté des charpentiers. -— 35. La communauté des boulangers. — 36. La communauté des tondeurs et apprêteurs. — 37. La communauté des tailleurs, fripiers d'habits en neuf et en vieux. — 38. La communauté des menuisiers, ébénistes, tourneurs, tonneliers et boisseliers. — 39. La communauté des maréchaux, serruriers, ferblantiers, taillandiers et cloutiers. — 40. La communauté des fondeurs et chaudronniers. — 4L La communauté des chapeliers et bonnetiers. — 42. La communauté des traiteurs, rôtisseurs et pâtissiers. — 43. La communauté des tanneurs, corroyeurs, peautiers et mégissiers. — 44. La communauté des teinturiers. — 45. La communauté des tapissiers, vendeurs de meubles et miroitiers.

— 46. La corporation des jardiniers. — 47. La communauté des tisserands. — 48. La communauté des selliers, bourreliers et charrons. — 49. La communauté des vitriers, peintres et doreurs. — 50. La communauté des aubergistes, cafetiers et limonadiers. — 51. La communauté des pannetiers et vanniers. — 52. La corporation des torcheurs et plafonneurs. — 53. La communauté des cordiers et chanvriers. — 54. — La corporation des pierriers. — 55. La corporation des cabaretfers à bouchon.

Ces corporations, conformément à Tarticle 26 du règlement du 24 janvier 1789, désignèrent, chacune dans son sein, des députés qui devaient former TAssemblée générale de la ville de Châlons, et ce, pour les « corporations d'arts et métiers à raison d'un député par cent individus et au-dessous, deux députés au-dessus de cent, etc. »,

— et pour les juridictions et les « corporations d'arts, de négociants. . . , deux députés à raison de cent individus et au-dessous ^ quatre au-dessus de cent, six au-dessus de deux cents, et ainsi de suite ». — Ces règles furent à peu près suivies à Châlons ; cependant le siège prévôtal envoya trois députés ; les 23 juridictions ou corporations suivantes de Tétat ci-dessus en désignèrent bien deux; mais la juridiction du grenier à sel n'en fournit qu'un seul, comme les 30 dernières communautés et corporations d'arts et métiers.

Il devait donc y avoir 80 députés à l'Assemblée générale de la ville de Châlons. On trouvera, à la suite du cahier, les noms de ces 80 députés. Mais on remarquera, à la lecture de cette liste, que certains hommes de loi représentèrent plusieurs juridictions ou corporations : tels Jean-Claude-Louis Raussin, député du bailliage de la Comté-pairie, du bailliage du Vidamé et du bailliage du Chapitre ; — François-Xavier Varnier, député du bailliage de Toussaint et du bailliage de Saint-Pierre-du-Mont ; — François Drouot, député du bailliage du Chapitre et de la communauté des procureurs ; — Pierre Lemaire, député du bailliage de la Comté-pairie et du siège prévôtal ; — Jean-Adam Faciot, député du bailliage du Vidamé et de Tordre des avocats. — La communauté des poissonniers et celle des bouchers furent représentées chacune par un député, et ces deux

députés portaient le nom de Gaston âdribn ; c'était peut-être un seul et même personnage.

Il n'y eut donc, en réalité, que 73 ou 74 membres pour composer l'Assemblée de la ville de Châlons.

Le procès-verbal de chacune de ces corporations ou Juridictions se contente de mentionner simplement la nomination des députés (1) ; d'après les termes de ces procès -verbaux et malgré l'indication portée par les commissaires à la fin du cahier de la ville (v. page 20), nous pensons que les corporations de Châlons ne rédigèrent pas de cahiers de doléances, contrairement à ce qui eut lieu dans d'autres villes, comme Reims, par exemple, où nous avons retrouvé la collection de ces documents (2). Du reste, l'article 26 ne prescrivait pas d'une façon formelle la rédaction de ces cahiers imposée aux communautés de campagne par l'article 24.

Les procès-verbaux des corporations sont généralement transcrits sur leurs registres d'assemblées, de délibérations, de sentences. Nous en avons retrouvé un certain nombre ; tous sont libellés sur le même modèle (3).

(1) Chaque procès- verbal porte que les membres de la corporation sont réunis pour, « conformément à l'avertissement donné à Telfet de la présente assemblée par MM. les Officiers municipaux de cette ville, être procédé k la nomination de députés, dans la proportion déterminée par l'article 26 du règlement, à l'assemblée du Tiers état qui doit être tenue à l'Hôtel de Vitle pour rédiger le cahier dont il est parlé dans ladite ordonnance, et nommer des députés pour porter ledit cahier à l'assemblée qui doit être tenue par M. le grand bailly... », en conséquence, les membres de la corporation se contentent purement et simplement de désigner leurs députés c à l'effet de les représenter à l'assemblée du Tiers état qui doit se tenir en l'Hôtel de Ville ou autre lieu indiqué, dans les formes ordinaires, et là, concourir avec les autres membres de ladite assemblée, a la rédaction de leurs cahiers de doléances, plaintes et remontrances. .. » Donc, aucune mention de rédaction d'uu cahier spécial à la corporation. (Arch. dip, : Procès-vtrbaux dt$ Corporations; voir note ci-après).

(2j L'archiviste départemental, M. Berland, et le bibliothécaire de la ville de Châlons, M. Jacques Laurent, nous ont affirmé, d'autre part, que les archives dont ils ont la garde ne possèdent pas d'autres documents sur la convocation des États généraux que ceux que nous publions.

(3) Arch. dép. EtaU généraux : série non classée : ba* de Châlons doss, a, pièce U : extrait du reg. des délib«» des officiers du bailliage du Vidamé : — Séance du 4 mars 1789 ; présents : « Raussin, bailli, Faclot, ancien avocat pour l'absence de Laurent Mansuy, prévôt, procureur fiscal ; Nicolas Lejeune, procureur és-siéges royaux de Châlons pour l'empêchement de Jean-François Herbelet, greffier ordinaire dudit bailliage ». — Députés : c Raussin, bailli, et Faclot, prévôt, procureur fiscal ».

Arch. dép. Série B {non classée): Reg. des sentences du bailliage de Salnt- Plerre-au-Mont. — Délib»» des officiers du 4 mars 1789; présents : « Etienne Manget, avocat en parlement, bailli de l'abbaye royale de Saint-Pierre-au- Moni de Châlons; Pierre- Louis Prieur, avocat en parlement, lieutenant général ; François Drouot, procureur fiscal ; Nicolas- Jean-BaptIste Jolly, substitut dudit

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