‹ Cahiers de doléances pour les États généraux de 1789Chapitre 57 sur 262 · SUR LE SEL · texte numérisé non relu

SUR LE SEL

Cette denrée, non moins nécessaire au pauvre qu'au riche, est pour le pauvre un impôt d'autant plus considérable que sa consommation est grande. Plus il a de famille, plus il supporte la pesanteur de cet impôt. Le crédit n'a pas lieu au grenier distributeur du sel dont il ne peut se passer. En prendt-il chez les débitants une livre, une demi -livre, peut-être moins, ses moyens ne lui permettant pas d'en prendre plus, bien loin d'avoir quoi aller au grenier qui n'en distribue pas moins d'un demi-quart de minot, savoir pour 8* !■ 9^ ; cependant ce pauvre, pour n'avoir point été prendre au grenier le sel auquel il est imposé à raison du nombre de sa famille, faute d'avoir pu se faire, pendant tout le cours de l'année, une somme qui le mit à même d'y aller, est condamné à amende pour retard ; on le contraint à venir, dans la quinzaine, au grenier, on le vexe et on augmente sa misère et celle de sa famille. Il est

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donc vrai que cet impôt, subsistant tel qu*il est, est beaucoup plus pesamment supporté par le pativre que par le riche.

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