SUR LE SEL
Cette denrée, non moins nécessaire au pauvre qu'au riche, est pour le pauvre un impôt d'autant plus considérable que sa consommation est grande. Plus il a de famille, plus il supporte la pesanteur de cet impôt. Le crédit n'a pas lieu au grenier distributeur du sel dont il ne peut se passer. En prendt-il chez les débitants une livre, une demi -livre, peut-être moins, ses moyens ne lui permettant pas d'en prendre plus, bien loin d'avoir quoi aller au grenier qui n'en distribue pas moins d'un demi-quart de minot, savoir pour 8* !■ 9^ ; cependant ce pauvre, pour n'avoir point été prendre au grenier le sel auquel il est imposé à raison du nombre de sa famille, faute d'avoir pu se faire, pendant tout le cours de l'année, une somme qui le mit à même d'y aller, est condamné à amende pour retard ; on le contraint à venir, dans la quinzaine, au grenier, on le vexe et on augmente sa misère et celle de sa famille. Il est
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donc vrai que cet impôt, subsistant tel qu*il est, est beaucoup plus pesamment supporté par le pativre que par le riche.