Traduction courante de ce vei'set ; « l’Élernel do ce
ipic les chefs onl pris le commuidement en Israël. • Jugi-s, V, i
dilion ne te dissipe. Car enfin, c’est se promener, Note, c’est courir le monde, c’est se distraire; on en revient comme d’une promenade, et si dans tes idées, le commerce du monde est peu pour le philosophe, l’érudition n’est-elle pas un commerce du vieux monde? Du reste, je ne dis pas absolument que le salon n’apprend rien jiour la philosophie. On lui attribue deux cho.ses, dont une seule à mon sens a valeur : 1“ polir le caractère et le style ; 2° apprendre l’homme et le monde. Ceci est précieux. Le premier est pâle et fade. Ne me parlez pas de ces hommes lettrés de salon, à la phrase mate et régulière, comme les a faits le siècle de Louis XIV. Kant, Ilerder, Gœthe, étaient-ils des hommes de salon?
Cf. Sainte-Beuve, Bayle, Portr. Lilt., J, p. 300.
Il est maintenant évident pour moi que la vraie explication de n)n; est dans le rab balamina
des Arabes : balamina en effet est ici pris pour désigner les ordres des créatures, les anges, l’homme et les génies, etc. Voir n“ 96. (Cf. not. Caussin, ad Cor., III, v. 90.) nN 2 S est pris évidemment dans le même sens : l’armée des êtres
NEPIITHALI.
existants. Or l’expression susdite est perpétuelle chez les musulmans comme l’autre chez les Hébreux. C’est donc un môme [sens]. Audraii avait déjà donné cette explication. {Gramm. ar. en tabl., fin du o' tableau.)
L’état religieux du monde sous le polythéisme gréco- romain nous représente réellement l’état de religion naturelle, au moins dans les tètes un peu réfléchies. D’abord, dès le commencement de la philosophie, tous ,les philosophes n’envisagent le polythéisme et ses fables que comme des myth(!S. De plus, vers l’époque d’Auguste, tous s’en étaient à peu près détachés, et ces cultes, qui sous Tibère et les empereurs postérieurs firent fortune à Rome, étaient précisément des cultes étrangers, plus mystiques, plus profonds, plus dogmatiques que ces imaginations jioétiques et évidemment fictives. Aussi quand Julien voulut dogmatiser ces fables, il les orientalisa. — Remarquez en outre un trait tout à fait unique de ce polythéisme; c’est qu’elles ne se donnent aucun caractère de révélation ; c'esl pent-èlre la seule religion qui nail pas son livre sacré. Et quand ils
-Vole.
voulurent en avoir, ou plutôt quand ils suivirent le penchant de l’esprit humain qui lui rend nécessaire un fétiche qu’il adore, les grammairiens se donnèrent Homère et les anciens poètes. Donc la majeure partie du genre humain a vécu des siècles sans religion ponitive.
ÜO.
Visite à M. Damiron.
Un homme grave et bon, réfléchi et peu attentif à l’extérieur. — Réserve extrême sur le point délicat de l’orthodoxie, sur lequel roulait ma lettre. Il élude toujours de toucher aucun des points que j'y traitais, en la couvrant d’éloges généraux. Il m’engage à concourir pour le prix de l’Institut. — Nous nous contactons pou, mais nous nous comprenons fort bien ; car nous sommes tous deux pénétrables au contact lent. Bonté franche et sans apparat. Couleur haute et ferme, capitalité de la question de la foi. Je suis très content et j’en .sors moralisé. Parole remarquable et très fine sur la manière de faire la philosophie par l’iiistoire de la philosophie. « L’histoire do la philosophie est un texte, non
SEPHTHALI.
un prétexte. » Ceci peint très bien une idée délicate : prendre occasion de là.
L’idée dominante sur l'histoire de la philosophie aurait peu de valeur si n’était qu’ érudition.
Visite à M. Garnier.
Diverses discussions psjchologiques. — Il m’explique comment l’imagination poétique et oratoire se fondent dans l’imagination coloriste. Je lui objecte M. Cousin. C’est un poète, dit-il. Il fuit l’analy.se exacte, et croit que c’est dégrader la philosophie. — Conception de la figure géométrique : je lui expose mes idées par généralisation éliminative (V. alibi, not. ad Cousin, Cours de 1818.) 11 objecte la cx)nccption de la ligne droite, qu’on ne peut reconnaître droite, à moins d’un concept spécial. Instinct des sauvages, des enfants, qui en traçant droit, ne copient rien.
Mes objections sur le devoir, le droit, la sanction, etc. — Cf. notes de .sa leçon sur l’Idéal moral, où il trace la démarcation du devoir et du surérogatoirc par la sanction extérieure, et pense que la répression extérieure peut s’appliquer à la tempérance, etc. Il répond à mes objections, en
élargissant le sens de son mot de répression extérieure. Il l’applique non seulement à la répression légale, mais à la répression paternelle et à la répression divine. Cela est mal que la société, le père ou Dieu au moins peut punir, ou en d’autres termes: cela est mal qui est punissable. Mais comment ensuite ajoute-t-il : ce qui est punissable, c’est le mal, ce qui est méritoire, c’est le dévouement? — Voici donc sa théorie : le mal est ce qui est punis-sable. — Qu’est-ce qui est punissable, c’est le mal. C’est aller de 13 en A et de A en B. — M. Ilavct arrive, tandis que nous discutions la question des figures géométriques. — M. Ilavet se trouve fort embarrassé, et cherche aussi à mêler son mot, et à improviser toute une théorie avec une bonhomie novice toute curieuse ; mais en se posant modestement comme non compétent, et traitant la chose de son haut sans y tenir, en se plaignant finement d’ètre dans la maïeutique. Il y aurait eu là une sorte de mépris de notre question, si .M. Garnier n’eùt relevé sa valeur, en y témoignant de l’intérêt, et regrettant qu’il n’y ait pas de ces discussions établies sur des sujets philosophiques. 11 nous fait part à ce propos d’un projet qu’il avait eu de réunir les professeurs de philosophie de Paris et établir unité d’ensei-
NEPHTHALI
gnement. Mais ce sont des gens qui font de la philosophie pour leur compte.
La conversation s’engage ensuite en histoire. M. Garnier ne conçoit pas comment une nation tombe en décadence, et s’imagine que si venait invasion de Cbsaques, Paris resterait toujours l’Athènes... Choses insignifiantes... On aborde le christianisme, car il en faut venir là. Il y a décadence pour ces messieurs de Cicéron à saint Augustin, mais progrès dans la morale de Platon à Cicéron, parce que ce n’est qu’à celui-ci qu’on voit des traités complets. Oh ! l’homme aux traités complets! On sent le psychologue à traités classiques. M. Havct surtout est scandalisé de sa crédulité superstitieuse pour les devins'. M. Garnier trouve dans la société romaine, même sous l’empire, un progrès scientifique. 11 veut à force le progrès continu, sans songer au progrès en spirale, idée pourtant si simple. Il cherche à établir la tradition, mais ne peut ; car il convient que ce n’est pas par les Alexandrins. Lui tient pour le progrès, idées qu’il a prises dans Condorcet, Turgot, Saint-Simon, etc.. Que les chrétiens de cette époque sont inférieurs, que la superstition nouvelle s’insinuera par ignorance, qu’il y aurait 1. La crédulité de saint Augustin.
CAHIEUS DE JEUNESSE.
à établir dans le clirislianisnie une chaîne de traditions philosophiques, bien sujîérieure aux conciles. Cmœ-ci adoptent toujours le dogme le plus superstitieux. Malheureusement, en en venant aux faits, il ne trouve que saint Justin et ast obligé de sauter à Boècc et Cassiodore. Néanmoins il pense qu’on trouverait ! M. Havet est bien plus sage. 11 aime les Pères et saint Augustin, sauf sa superstition ; pour M. Garnier, c’est un exalté, rempli de contradictions, sur la grâce, etc. — Je ne suis pas dupe, dit-il, de la foi de Bossuet. Il croyait que c’était utile, et puis il y était engagé par l’extérieur. Mais nulle foi aux superstitions chrétiennes. Saint Chrysostôme de même. — 0 Dieu ! quelle sottise ! Je ne crois plus, mais bonté du ciel ! .s’il faut, pour être incrédule au christianisme, dire des sottises comme celleslà, ah ! je n’en suis plus. 11 est clair qu’il a voulu faire la bravaded'incn'slulité devant moi, montrant qu'il était bien ferré sur ce point. — Par exemple, si j’étais évèi]ue [dit M. G.], je ne saurais pas gré à ceux qui croient pour la morale. Car cette morale était faite avant le christianisme, elle ne lui appartient pas. Son propre, c’est le surnaturel, la grâce, etc.
Ah I mon Dieu! qui me donnera de pouvoir
NEPHTHALI
faire un livre du christianisme, qui dira définitivement comment il est temps de le f)rendre! Je le louerai, l’exalterai, le baiserai, mais l’humaniscrai. L’homme ou Dieu, c’est tout un, même sans panthéisme. Je réagirai contre tous ces hommes quand il en sera temps. J’aime bien mieux Ozanam, quoique je ne sois pas orthodoxe. Lui au moins sent le poétique. Cette âme au contraire est prosaïque , toute moderne, aimant la civilisation, ne voyant rien de plus beau. 11 n’y a pas d’élévation ; joignez une superficialité extrême d’érudition et une fanfaronnade qui n’est pas le vrai. — M. Havet m’a plu davantage, encore je n’ai pas vu une possession intellectuelle notable; il vit encore, je crois, dans le monde. Cette vie laïque (car j’en suis encore à celle distinction) m’est apparue froide et pâle.
On parle aussi de M. Jouffroy. Renseignements que M. Garnier a dù prendre auprès de sa veuve pour sa biographie, dont il est chargé pour le Dictionnaire des Sciences philosophiques de M. Franck. — Peu de renseignements qu’il a recueillis. A l’âge de cinq ou six ans, M. Jouffroy li.sait l’histoire ancienne de Rollin avec si grand intérêt que, quand le jour tombait, et qu’il n’y avait pas encore de lumière, il s’appro-
chait et lisait à la flamme du feu. Puis il sortait et, avec des tas de pierres, faisait les armées des Romains et des Carthaginois. Cela présageait son esprit d’observation. Articles de géographie de M. JoufTroy, dans le Globe. Le Chili; le dépeint à merveille, comme s’il y avait été. Une langue de terre entre montagnes et mer, fleuves descendant des montagnes, vallées, villes agglomérées sur leurs bords. Le reste, sables et déserts. — Aussi une description de l’Algérie, avant qu’elle fût occupée par les Français. Trouvée très exacte. Morceau lu à l’Académie des Sciences morales et politiques sur la lutte de l’indépendance de la Grèce, si exact, que des Grecs présents vinrent lui demander s’il n’avait pas été en Grèce, et ne pouvaient croire que non. Environs de Tripolizza, armées turques, etc., d’après les récits. — M. Dubois va publier une sorte de biographie de M. JouflVoy, en y insérant ces divers morceaux.
11 est aussi question du docteur de l’autre [jour], de l’originalité de M. Ozanam, qui a osé seul tenir tête contre tous, de M. Cousin venant patauger dans la thèse sans l’avoir lue.
Longue dissertation sur l’Exposition' . Idées