ANNONCE AU PROVINCIAL
Mon ami,
Nous commençons à donner aujourd'hui le second ronjian de nos amis Jérôme et Jean Tharaud. Ce roman ne sera pas le seul que nous publierons. Il ne sera pas le dernier que nous publierons de ces auteurs.
Pourquoi nous publions des romans dans ces cahiers : c'est une question générale et qpi tient à Tinstitution même. Aussitôt que nous pourrons présenter en quelque détail comment et pourquoi nous sommes institués, nous présenterons inclus les raisons pour quoi nous donnons des romans.
Des mêmes Jérôme et Jean Tharaud nous avons lu un premier roman, le Coltineur débile, écrit à Paris dans l'hiver au commencement de 1898 et fini d'imprimer en août de la même année. C'est un beau volume carré, du format du Mouvement et des Cahiers, de 116 pages imprimées gros, édité par Georges Bellais, 17, rue Cujas.- Il s'en est donné au moins cinquante exemplaires, et il s'en est veîidu je pense au moins cent cinquante exemplaires, marqués un fbanc. Les exemplaires qui demeuraient furent accueillis par et dans la Société nouvelle de librairie et d'édition.
Ce Coltineur débile ne réussit pas beaucoup auprès de certains scientifiques et de plusieurs hommes sérieux. Pourquoi, noiis en causerons plus tard, quand lu auras lu la lumière. Nous essaierons alors de savoir si
cahier du 5 aoril igoo " y
ces hommes sérieux, scientifiques et difficiles avaient raison ou tort. Je crois qu'ils n'avaient pas raison. Mais au moins savaient-ils ce qu'ils pensaient, au moins étaient-ils sincères. Je ne le fus pas. Gomme en ce temps je fréquentais fidèlement avec eux, et comme j'étais lâche par amitié, par méthode, par camaraderie, par commodité, par accoutumance et par complaisance fidèle, non seulement je laissais dire devant moi des sévérités où je ne consentais pas intérieurement, de ce Coliineur et de plusieurs œuvres et de plusieurs hommes et de plusieurs sujets, mais je crois que plusieurs fois j'y acquiesçai verbalement.
Faiblesse dont je fais réparation ici.