‹ Cahiers de la quinzaineChapitre 7 sur 29 · PREPARATION DU CONGRES · texte numérisé non relu

PREPARATION DU CONGRES

mine positivement Vobjectifqvie les socialistes ont le devoir primordial de ne jamais perdre ni laisser perdre de vue en ancnn cas, il ne s'ensuit pas nécessairement que la lutte des classes, elle-même, dans ses phases multiples et successives, soit réduite à une forme unique et à une méthode immuable. Plus logiquement, on peut penser qu'elle doit être adaptée aux conditions successives de milieu et de circonstances, pour sa plus grande efficacité.

Dans le milieu présent et dans les conditions où fonctionnent les pouvoirs publics eA France par le mécanisme actuel du suffrage universel, il est logique d'admettre que l'introduction constante et incessante des militants socialistes dans tous les pouvoirs publics sans distinction — communaux, départementaux, législatifs ou gouvernementaux, — puisse toujours être avantageuse pour la meilleure utilisation de ces pouvoirs au profit de la lutte des classes et du mouvement socialiste, soit en atténuant la résistance qu'ils opposent à l'extension de ce mouvement, soit en réalisant toutes réformes susceptibles de mieux armer et encourager le prolétariat dans sa lutte contre la société capitaliste.

Ce qui importe dans tous les cas, c'est que cette introduction des socialistes dans les pouvoirs publics soit entourée de conditions telles qu'elle ne puisse dépendre de la seule volonté des hommes en dehors de leur parti, et que tout militant détaché dans l'un quelconque des pouvoirs publics demeure toujours responsable de sa conduite et de ses actes devant le parti socialiste, dans des formes à déterminer.

bj II doit être entendu par tous, une fois pour toutes, que la conquête des pouvoirs publics n'est pas le but de l'action socialiste, mais seulement un moyen de mettre le parti en puissance de réaliser la transformation sociale qui est sa raison d'être.

Dans le milieu actuel, il est généralement admis que la possession du pouvoir est l'unique moyen pratique et infaillible permettant de réaliser cette transformation. Pour la conquête de ce moyen, le prolétariat et le parti socialiste

cahier du 5 açril igoo 7

ont donc le devoir de ne négliger aucun procédé, aucune circonstance politique ou économique, pouvant la faciliter ou Taccélérer.

3'il faut souhaiter par-dessus tout, dans Tintérêt même de la classe prolétaire comme de Thumanité, que les événements ne conduisent pas le peuple à l'emploi d'autres pro* cédés que ceux pacifiques, — tels l'action électorale et le libre développement des associations ouvrières politiques et économiques, -» nul ne peut avoir le droit de priver à l'avance le prolétariat du bénéfice des procédés révolution* naires que les circonstances historiques pourraient lui offrir pour son affranchissement.

Le parti socialiste, après avoir affirmé et justifié le but qu'il poursuit, doit donc se réserver l'emploi de tous les moyens propres à y aboutir au plus tôt selon les circonstances.

La seule raison légitime qui puisse déterminer la préférence des socialistes pour tels moyens politiques ou économiques, plutôt que pour tels autres, c'est le ménagement des énergies et des ressources populaires dont on a le devoir d'éviter tout gaspillage inutile.

n — De Vattitude à prendre par le Parti socialiste dans les conflits des di^^erses fractions bourgeoises.

Latte contre lé nUUtariame, le cléricalisme, Vantisémitisme, le nationalisme, etc,

RÉSOLUTION. -^ Au milieu de la grande lutte des classes qui domine tout le problème social, — et qui fait une nécessité inéluctable au prolétariat d'être constitué en un parti de classe distinct de tous les partis bourgeois quels qu'ils soient et quelles que soient les divergences politiques, philosophiques ou autres qui les caractérisent entre eux, -*- il peut arriver des cas où les conséquences de certains conflits particuliers entre des fractions bourgeoises ne soient pas indifférentes au prolétariat et au parti socialiste au point de vue de l'existence et du maintien de certaines conditions

PRÉPARATION DU GONORES

politiques ou sociales utiles à leur développement, telles que la forme républicaine du gouvernement, la laïcité de renseignement et des fonctions publiques, la subordination du pouvoir militaire au pouvoir civil, Tégalitéiégale des citoyens sans distinction de races, le droit d'association et de réunion, la liberté de la presse, etc.

Dans ces circonstances, l'intérêt même du prolétariat fait un devoir au parti socialiste d'intervenir dans les luttes bourgeoises en se portant du côté oh est le danger le plus pressant.

L'afiaire Dreyfus avait déterminé une de ces circonstances tragiques où le soulèvement de toutes les forces d^ réaction coalisées pouvait mettre en péril les libertés acquises par la société démocratique et laïque issue de la Révolution française et des révolutions successives, et la République elle-même.

n faut se féliciter que le parti socialiste, en se jetant impétueusement dans la mêlée, ait pu conjurer le danger, et en même temps provoquer, de la part d'une notable partie de la population, jusqu'alors éloignée du socialisme, un mouvement de sympathie et de rapprochement, sinon d'adhésion décisive, qu'il est impossible de ne pas constater partout et dont le socialisme ne peut faire autrement que de tirer profit pour son extension.

3 — i)e l'unité socialiste. Ses conditions théoriques et pratiques.

Direction et contrôle par le Parti des divers éléments d'action, de pr<^agande et d'organisation*

Résoi.UTiON. — Le rassemblement des diverses fractions socialistes en un seul Parti socialiste compact et discipliné, dont l'unité d'organisation et d'action rendrait la puissance invincible, est dans les vœux de tous les socialistes sans distinction d'école. Et tout doit être franchement fait pour y aboutir.

Mais , précisément parce qu'on le désire , on doit tenir

cahier du 5 aoril igoo 7

compte avec prudence des circonstances et conditions particulières à chacune des grandes organisations nationales qui, depuis de longues années, travaillent avec persévérance et méthode à constituer le prolétariat français en un parti de classe conscient de sa mission historique. Il faut éviter de les précipiter dans une unité insuffisamment préparée, incertaine et artiiîcielle, qui se briserait à la faveur des moindres incidents.

Ce qu'on a le devoir de faire, c^est de réaliser toute la somme d'unité possible à chaque moment, jusqu'à ce que, d'étape en étape, on soit arrivé à l'unité définitive et parfaite par l'élimination successive et normale des causes qui s'y opposaient.

Actuellement, en laissant subsister et fonctionner telles quelles les organisations existantes, il s'agit de les relier, de les solidariser et d'unifier autant que possible leur action à la Chambre et dans le pays, par le moyen d'un Comité directeur comprenant les principaux leaders de chaque fraction, et dont les attributions, prudemment limitées tout d'abord aux cas les plus généraux, lui permettraient de prendre en toute autorité de rapides décisions dans les circonstances urgentes.

Nul, groupement ou individu, ne pourrait être admis dans le parti socialiste et considéré comme tel qu'après avoir catégoriquement adhéré au minimum théorique ayant servi de base au Congrès général des organisations socialistes françaises, à savoir :

Entente internationale des travailleurs organisés en parti de classe pour la conquête du pouvoir et la socialisation des moyens de production et d'échange, c'està-dire la transformation de la société capitaliste en mie société collectiviste ou communiste.

Nul journal ne devrait pouvoir être considéré comme organe du parti socialiste qu'à la condition de demeurer sous

Page 1