‹ Calas, mélodrame en trois actes et en proseChapitre 34 sur 54 · JACOB, JEANNETTE, LAURENT · texte numérisé non relu

JACOB, JEANNETTE, LAURENT

Oui , oui , Monsieur , tous.

EDOUAfiD.

— Monsieur le Capitoul, vous ne pouvez persister dans cette e'pouvantable accusation,- la nature vous le défend , vous oui en ne la repoussant pasJQuoi î fcupposez-vous les hommes nlus féroces que les monstres d<*s forets i' Le tigre chérit les fruits de son amour, et un père les égorgerait! Une mère laisserait déchirer Fenfant qu'elle a porté dans sou sein î Une mère! et la plus tendre, la plus respectable !1 • Ouoi! soixante années de vertus, la douceur la plus inaltérable , l'amour paternel le plus pur , le plus ardent , ne pourront garantir d'un soupçon qui révolte l'humanité , dont la réalité renverserait l'ordre de la nature? Non , non, vous ne le crovez pas. . . vous ne le croyez pas . . aucun magistrat n'admet un forfait semblable.

Mad, CALA9.

Ah ! repoussez celte horrible calomnie.

( Toute la famille et les serviteurs tendent leurs mains vers le

Capitoul. )

LE CAPITOUL

Je ne puis écouter, ni suivre que mon devoir |Vous êtes accusé, .les actions parlent : vous vous défendrez devant les tribunaux; {à sa suite. )iQ\i on arrête Monsieur, qu on s'assure de sa famille, et que le corps de la victime soit transporté à l'hûtel-de ville.

Mad. CALAS.

Grand dieu!

PAULIISS.

0 mon père !

ju;ob, jeannette et laure , se jetant aux pieds du Capitoul.

3Vlon»ieur le Capitoul ! .

le capitoul ; à sa suite* Obe'issez.

( Les (rois s<r>iteurs se relèvent dans la plus profonde affliction Un juge , des soldats et d'autres personnes , entrent flans le cabinet. Calas se trouve en même tems environné de soldats prêt5 à C emmener. )

Cliere e'pouse! ma fille, je ne suis point coupaMe. Calmez vos alarmes sur mon son. Dieu ne p/nueina pas que le juste succombe. I Gopcttthmt , stl îe veut , ah i \y\\\ dé tourne, c^u-e-épi eu v^teop «ruelle pt>*tf vos-ewnrs. ( Toutes deux fendent tn larmes.)* Cher Edouard, vous viendrez me défendre?

EDOUARD

Je jure de périr avec vous ou de vous justifier.

(Le Capitoul et toutes les personnes qui l'accompagnent , sortent. Calas se place, lui-même au milieu de ses gardes , et sort en jetant sur sa famille des regards pleins de douleur. Madame Calas veut faire quelques pas pour suivre son époux . mais dans ce moment le Juge et les soldats entrés dans le cabinet, en sortenï'y ils sont suivis de deux hommes qui emportent le cadavre. A cette vue, madame Calas Jète un cri, et détourne la vue. Le rideau baisse au moment ou les porteurs sortent du cabinet , et avant que le corps de M arc- Antoine Calas soit vu des spectateurs. )

Fin du second Acte.

VILLE DE BRUXELLES - STAD BRUSSÏ Are&ives - Archiof

Page 1