‹ Calas, melodrame en trois actes et en proseChapitre 19 sur 65 · ANTOINE, AMBROISE · texte numérisé non relu

ANTOINE, AMBROISE

ANTOINE

Oui , ma mère a raison ; il est lems de mettre un tr nne ; nos chagrins; mais, liélas! comment en avouer la cause».. Oh ! 'si le père d'Horiense consentait. . Alors j'avouerais (ont à mon père... Mais s'il faut abjurer ! . . . ( Ambroise entre dans le jardin. ) O ciel I mon sort est décidé.

AMBROTSE , s''avancant hniement. '

Il est seul ! . . . Allons , il faut triompher.

ANTOINE

Je n'ose Tinterroger!

AMBROISE

Mon ami , je vous apporte en iremblanl la réponse cfue j'avais prévue.

ANTOINE

On rejette mes offres.

AMBROISE

Aussitôt que j'ai paru, toute la famiiie s'est assemble'e , l'impatience et la crainte se ppiguaient dans les regards qnc chacun «(tachait stir moi. Pour votre amanie, son âme conliaute ei pure se lisait sur son visage 5 elle ne songuit à cacher , ni son trouhle , ni son cspfjir. ,Je tirai de mon seir? oede 'élire fatale, et sans avoic le courage de fompre le s.îv*ncc , je la présentai '» son père... Epargnez moi le» détnils d'iiue scène trop Joulourtuse. . . l'emolion que ] en éprouve encore vous en apprend assez.

ANTOINE

Il n'est donc plus d'espoir.

AMBROISE

Il n'en est plus !. . Demain, Hortense abandonne le monde, un cîohre so ferme sur cette inforianée ; sa jeunesse, sa beauté y périront dans les larmes , et s'elTaceront du souvenir des hommes ! ANTOINE, avec un profond désespoir.

Hortense ! . . Hortense !..

AMBROISE , du ton le plus animé.

Midhiuireux !. . faudra -t-il Jonc que vous soyez son bourreau. . . A dix-sept ans , pare'e de toutes les vertus , de toutes les grâces , triàlani pour v is de la plus chaste flamme , vous la plougeriea

fTvanie et île vos mains , dans le tombeau ! . . Non , elle ne peut le croire ; son amour , son cœur lui défend de vous accuseï de tant de barbarie ! . . son regard me le disait en la quittant; et moi , l'ose aussi vous défier d'accomplir cet horrible , cet inutile sacrifice ! . . Laissons à des cœurs plus frovds , de vaines discussions ; l'en appelé à votre seule conscience, au cri de nature, à cette voix qui déjà retentit dans votre âme.. . Dieu vous ordonne-i-il d'immoler sans pitié la plus touchante créature ! veut-il que tous les deux vous descendiez dans la tombe? quand sa bonté divine vous appelle, vous unit, et s'apprête à répandre tous ses bienfaits sur vous. . .' Mon ami , ne voyez-vous pas que le sentiment qui remplit votre âme est l'ouvrage 'de la providence ? pour triompher de vos terreurs, cédez à son empire !.. venez , venez, mon jeune ami , venez rendre la vie à des parens au désespoir ! venez conteu'pler de vos yeux cette douce et tendre victime , qui meurt si vous l'abandonnez, et qu'un mot de votre bouche peut arracher au trépas*., venez ! ( H cherche à l'entraîner. )

ANTOINE

Ah ! que m'ordonnez-vous ?

AMBROÏSE.

D'écouter votre cœur.

ANTOINE

Mon cœur! . . ah ! si j'osais l'eutendre , je serais aux pieds d'Hor- 'lenie. . . mais abjurer!. . grand Dieu ! comment l'oser dire à mon père, soutenir ses rej^arJs. . . peut-être sou indijjnaiion !. . O moa ami , je n'oserai jamais!

AMRROISR.

Vous n'oserez jamais ! . . c'en est assez, j'ai lu dans votre cœur... votre consentement vient de s'en échapper \ c'est maïuienani à famitié d'achever l'ouvrage de l'amour i

ANTOINE

Que dites-vous , ô ciel î

AMBUOISE.

Vous m'avez tout appris , vous craii^nez un éclat, vous tremblez d'aSli<^er voire père , vous restez incertain entre l'amour et la nature j et bien , le ciel m'inspire le moyen d'accorder tous vos devoirs. Cette nuit , dans le silence, dans le plus grand secret , sans témoins, sans pompe , sans aucun app>.reil , nous nous réunirons dans le temple voisin. . .

ANroiN£, ejfrayê.

Ah!

AMBIIOISE.

Personnfî n'en aura connaissance. Satisfaite et iranq; IHe , votre jeune épouse elle-même favorisera ce mystère. Heureux , vous ces- ^ serez d'affl gf r votre fumille, et tous les cœurs renaîtront au bonheur 1 . . Elil quoi , vous hésitez encore ? . . vous tremblez i

AMOINE.

Cruel î

Ambhoise.

Songez îi la douleur d'Hortensc^ à son amour. . Songez qu'elle expire peut-être !

ANTOINE

Ah ! c'en est fait , oui , Hortense doit Temporier î . . allez ... ne me donnez pas le teins de me reconnaît le moi-même. ( // tombe accablé sur une chaise de jardin, placée à sa gauche.)

AMBROisE j ù part.

Je triomplie ! [haut ) Je cours porter à votre amante le gage de son bonheur !( d yoa/-^) Allons tout ordonner pour la cére'monie ! demain, Toulouse connaîtra ma victoire ! ( Il sort rapidement par la grille , et ne monte point le rempart. )

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