‹ Calas, melodrame en trois actes et en proseChapitre 48 sur 65 · EDOUARD , AMBROISE · texte numérisé non relu

EDOUARD , AMBROISE

( Ambroise sort précipitamment de la chambre de justice , et semble vouloir fuir : Edouard It suit. )

EDOUARD

Arrêtez , Monsieur, arrêtez vous tlis-je,

AMBUOÏSE.

De quel droit suivez-vous mes pas ?

EDOUARD

Vous m'entendrez malgré vous. ... ici, partout , seul , en présence de mille témoins... vois n'échapperez nulle pan à la vérité. . nulle part vous n éviterez la malédiciion d'une famille innocente que vous allez trainer à l'échafaud !

AHBROfSE.

Monsieur , est-ce une accusation que vous prétendez port' r contre moi?.. Ignorez-vous qu'en m'adressant de pareils outrages , vous les dirigez également contre la majesté du tril)uaal, doiu la semence va toui-à-l'heure justiût-r ma conduite , et condamner vos emporicincns 7

EDouAnn.

Et sur quelles preuves le tribunal pourrait-il jamais rendre cette horrible sentence, si, par la plus exécrable accusation. . . si , par votre serment sacrilège , vous ne forciez les juges a condamner san&

pouvoir, sans oser consulter leur conscience ? Les lois les plus sages de^ vicuflraicnt-elles jumaisdes armes homicides , si l'on ne voyait point des rr.onsires tels que vous, égarer , tromper, flétrir la justice même. Avec un froiil d'airain , vous avez juré dexant Dieu de dire la vérité: j'ai vu pâlir les magistrats I et vous, malheureux, vous avez pu sans horreur , attester qu'un père avait égorgé sous vos yeux un fils qu'il adorait!. . Ah ! si voire parjure n'a point allumé la foudre- si la terre épouvantée d'être foulée par vous, n*a point tremblé sous vos pas , reconnaissez la clénience infinie de Dieu, qui laisse encore à votre repentir le tems de réparer le plus horrible des forfaits.

AMunoisiî C'en est trop.

EDOUAr.D.

Eli ! suis-je done le maître de mon désespoir? ( prenant le ton de la prnre. ) Ecoutez-moi , Monsieur, nous sommes ici sans témoins. . ,| Vous pouvez m'entendre sans lougir. . . Calas est innocent, vous le savez. . . Je lis stir votre front que vous n'en doutez point. Lh bien ! confiez-moi la cause de votre haine j quelles injures avez-vous reçues de ces inforiués?. . Je les réparerai. Vous ont-ils fait quelques torts dans l'honneur, dans la fortune ? Je vous engage tous mes biens, je vous livre tout ce que je j)06sède, et je vous )ure secret éternel. . . Vous vous troublez ! . . ah ! suivez sans hésiter la voix de votre conscicHce; venez , venez , retracter votre coupable déposition : vous arrêterez la mon prêle à frapptr un vieillard ... Le sang- innocent ne retombera point sur votre tête , ne demandera pas le \ôire au jour du jugement terrible. . . El moi je vous coiiiblerai de richesses, je vous épargnerai les horreurs d'un crime , des remords, et peut-être bientôt de la vengeance des hommes. . . Venez , venez , que la justice , que l'humanilé triomphent I. . ( Jl t^eut T entra nier.) AMBROisE , s' arrachant de ses mains.

Qu'osez- vous me proposer ?. . moi, paraître au tribunal, pour justifier Calas!., si j'y retourne , tremblez pour vous-même , car ce sera pour ajouter à toutes les preuves , les offres criminelles que vous avez Taudace de n.;; faire.

ïDOUAr.D.

Ton âme est donc inaccessible aux remords , à la terreur qu'éprouvent les plus grands coupables? v

AMCnOISE.

Je n'ai rien à redouter, le Capiioul est convaincu.

EDOUAim.

Ah .' monstre, . . tu savais irop qu'il n'aurait pas manqué de l'être.

AMBr.OISE.

Vous accusez le premier magistrat ! . .

EDOUAr.D.

Je n'accuse que toi , et c'est devant Dieu ! puisque rien ne peut l'arrêter dans le crime, puisque dans ta rage aveugle lu ne vois pas ^ue l'abîme oii lu vas plonger Ciilas ne se refermera qu'aprèsi'svoir

«nglouli. Vas donc, malheureux 1 cours t'y pre'cîpiter ! Mais e'cout* le serment que je fais. . Si le père de mon épouse monte sur l'échafaud , les entrailles même do la terre ne pourront te soustraire à ma vengeance j et ton sang, tout ton sang me rtuondra du àieni

AMBROISE

Je cours VOUS dénoncer.

ldouaKd , l'entraînant vers la salle de justice. Viens , viens donc , mise'rable!. . . ( Les portes s'ouvrent av&« bruit , deux huissiers paraissent. ) Dieu ! . . .

( Edouard et Anibroise s\irrélent : un Juge sort du tribunal. )

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