SCENE PREMIERE
CALAS , madame CALAS , PAULINE, JEANNETTE.
{ Au lever du rideau , tous les personnages sont en scène. Cala*
' debout devant une des portes latérales, et regardant avec inquiétude dans le fond , semble prêt à s’opjtoser à ce qu'on entre dans le cabinet. De l’autre cote’, madame Calas est renversée dans un fauteuil, Pauline est à ses pieds , et Jeannette lui présente des eaux spiritueuses qui sont sur le guéridon. )
CALAS
Je frémis au moindre bruit qui vient troubler le silence et augmenter l’horreur de cette nuit funeste. Si du rempart ou des maisous voisines , quelqu’un uous avait vus transporter ici le corps de mon malheureux fils , ah ! tout serait perdu ! . . ( Madame Calas fait un mouvement d’effroi. ) Silence ! . . ( allant a elle.) Chère épouse! . . et toi, ma fille , au nom de dieu , retenez vos sanglots ! étouffez ves cris de douleur 1 tremblons d’éveiller le moindre soupçon. Hélas ! vous ignorez qu'une loi sévère condamne au dernier supplice le corps du malheureux qui se donne la mort.
xad. calas, se levant.
Se peut-il ?...
TAULINE.
0 mon père ! . .
calas.
Ses restes sanglans sont livrés au bourreau, outragés parmi peuple furieux, trainés avec ignominie , et jetés loin de la ville privés de sépulture.
»tad. calas, se tournant vers le cabinet. '
Mon fils î ,
CALAS
Sauvons , du moins , sauvons de ces horreurs les restes de notre enfant; cachons son trépas, et par un excès d'amour, efforçonsnous de vaincre la nature.
• «ad. CALAS.
Oui, ou* , mon ami... Silence !.. ne pleurons plus.
( Elle cherehe a arrêter ses larmes. )
JEANNETTE
Pauvre mère ! . . Ah ! quel malheur , mon dieu , quel malheur!
( Jacob entre par le fond , tient une lanterne , s'arrête après quelque* pas, écoule, et parait craindre. )
PAULINE
Mon père , voilà Jacob.