SCENE XII
Le» Précéder™, excepté JACOB, les deux CHI/ÎURGIENS , le Juge et les Soldats.
Un autre juge ou assesseur, remet un papier déployé au Capitoul / celui-ci y jette les yeux, en avançant de quelques pas.
calas.
Quellessont donc , Monsieur vos intentions sur moi , sur ma famille? on dirait que nous avons commis une action coupable.
LE CAPITOUL
Vous devez le savoir. ( Edouard et Pauline se jettent un regard plein d’effroi ; examinent le papier qu’il tient , lorsqu’il veut interroger, le Capitoul ajoute : ) Veuillez répondre à ce que je vais vous demander. Votre iils ifayait-il pas l'habitude de passer hors de chez vous une grande partie de la journée ?
CALAS
Oui-, Monsieur.
le capitoul.
Hier , est-il sorti ?
CALAS
Non, monsieur; il ne nous a pointquitiés de tonte 1* journée ( Le Capitoul fait signe au juge qui est auprès delà table; celui-là fait écrire le greffier ; à toutes les réponses importantes , le même jeu se réitère. )
. LE CAP! tout..
Vous avez reçu du monde pendant la soirée ? A quelle heure *e retira votre société ? . .
calas.
A neuf heures.
le c \ pi i oct..
Et votre fils, à quelle heure mourul-il’
calas.
Mon fils!., hélas! ce fui , je crois , vers la même heure.
, le CAPnoni..
Etiez-vous alors avec votre société ?
calas. - ,
Oui, monsieur; toute la famille se leva pour la reconduire, stad. calas
Mon ami, tu te trompes. .. noire fils n’élail poiut avec nous.
CALAS
Il est vrai.»', pardon.;, mais |e suis si troublé!.;.
, le capitoul, se tournant vers le juge.
Observez qu’ils se contredisent.
EDOUARD. '
Eh quoi ! monsieur ?. . un père accablé de douleur, peut-il avoir présent à la mémoire jusqu’aux moindres circonstances de l’événement affreux qui lui. a ravi son fils?.. Voyez-vous qu’il cherche à vous tromper?. . Que pouvez-vous induire d’une erreur si légère •
LE CAPITOUL
Vous oubliez, monsieur ! que j’ai seul ici le droit d’interroger.
( à Calas. ) Daus quel endroit dites-vous que votre fils a péri ? calas, montrant le pavillon.
Là, dans ce pavillon.
j. j , i i t , ijjj » iLB CAPITOUL.
Et votre fête, où se donnait-elle?
calas .
Dans le jardin. n' vr~>: ' ..
le cApiTODi,, rendant au juge le papier qu'il tient.
Quoi ! c’est dans le lieu même de votre réunion , à l’instant où votre société se retire , dans le moment encore où vous étiez devant ce pavillon. . . C’est enfin sous vos yeux que votre fils expire !. . et vous voulez prétendre que vous l’ignoriez?
( Ambroise s’approche et parle bas au Capitoul. ) /
CALAS
Rien n’est plus vrai, monsieur. m
• , v , •>■ * mad. calas. ■> > •• n <
Ce sont les cris de nos gens qui nous ont appris cet horrible événe* ment. — o
jeannette, s’approchant un peu.
C’est ben la vérité , monsieur le.. . ( Elle appercoit Ambroise qui parle bas au Capitoul. ) Ah ! ( Elle marche d’un air effrayé. )
■ n . .v Edouard, a Jeannette.
Qu’avez-vous? - - •f
{Mad. Calas, Pauline et Edouard regardent Jeannette avec étonnement. Son cri et son mouvement n'ont point été remarqués du Capitoul , qui s’occupe de ce que lui dit A mbroise , et du procès verbal des réponses de Calas , que lui montre le juge.)
JEANNETTE ,Ù Mad. CülOS .
Ah ! madame, qu'est-ce qu’ |’ai vu là ?
Mad. calas et Pauline.
Quoi donc ?
• .v • jeannette.
il. Ambroise 1 . . y parle au Capitonll
MAd. calas. s • .
Ambroise ! . . que peut-il faire ici? Jeannette, tâche d'avertir ma* époux!
' Calas. f,
• JEANNETTE
Laisscz-moi faire.
J cannelle sc retire un peu en arriére, en cherchant à n’ctre pat vue. Ambroise l'aperçoit et la fait remarquer au Capitoul. le capitoul, a Jeannette. t
Qui êtes-vous?
jeannette, tremblante.
Moi!., moi , monsieur l’ Capitoul?. . j’ m'appelle Jeannette , j sais la fille à Jacob, la fiancée d' Laurent, et la servante d’ la maison.
LE CAriTOUL.
Où nllicz-vous?
■ jeannette.
Monsieur. .. j’allais ( Mad. Calas, Pauline et Edouard cherchent à lui faire signe de se taire. )
le capitoul, le remarquant.
La issez-la parler, madame. .. Jeannette, répondez-moi , et dit** la vérité. 1 1
jPannette. ■
Dame!., j’allais dire à Monsieur d’ prendre garde à lui.
le capitoul. '*
Prendre garde!. . pourquoi? >
JEANNETTE
Parce que. . . parce que M. Ambroise est lit.
le capitoul.
Fort bien! ( Jeannette retourne sur ses pas.)
ASItmOlSB.
Vous l’entendez , monsieur. le Capitoul !
( Tout le monde est dans la plus grande surprise , excepté P aulne et Edouard, dont F effroi augmente. Les Chirurgiens sortent d* cabinet, toute V attention se porte sur eux.)