LOUIS, MANUEL
LOUIS. Ñ
Les chevaux n'en peuvent plus; ils tombent de fatigue. Enfonçons-nous dans la forêt, et attendons-les de pied ferme.
LE JUGE, derrière la scène.
Ils se cachent entre ces épais halliers; entourezles de toutes parts.
MANUEL
Nous sommes perdus. Ils nous est impossible de nous défendre contre tant de monde, parce que nous n'avons rién qui les empêche de nous tourner.
LOUIS
Soyez tranquille; nous pouvons les combattre tous face à face. Tournons-nous le dos; de cette manière, ils trouveront partout un cœur, un bras,
204 LOUIS PÉREZ DE GALICE, une épée. Combattez ceux qui tomberont de votre côté ; gardez ma vie, et je garderai la vôtre. ‘ | MANUEL.
Si tu la gardes, je ne crains rien. Vienne le monde entier.
(Le juge entre avec les alguaxils Louis Pérez et Manuel sont dos à dos, et combattent en tournant et gagaant du terrain. )
LE JUGE
Vite, sur eux.
LOUIS
Avancez, canailles. Comment va, Manuel ?
MANUEL
Très-bien. Et de votre côté.
LOUIS
L'épée fait son office.
LE JUGE
Ce sont des diables que ees hommes.
LOUIS
Puisqu'ils nous abandonnent le poste, courons
au sommet.
MANUEL
Aux rochers!
( Is sortent.) LE JUGE, aux alguazib.
Suivez-les; qu’ils ne nous échappent pas.