‹ Caldéron (volume 5)Chapitre 141 sur 250 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

DON ROCH, MUGNOZ, les précédentes,

MDGNOZ.

Que puis-jiB y feire , mpi ?

DOBT ROCH

Je veux que tu les yeies , peiir savoir comment elles prennent la chose*

BfeJGNOZ.

C'est une affaire finie» Que diable peuvent-elles dire? et qu'importe....

DON ROGH.^IsaheU*.

Malicieuse personne ^ 4pu Juan est parti ; il a enfin r^ippli sa promesse. Que Pieu le bénisse I II ejst probable que , secondée de ma sœur y ton amie et ta conseillère^ tu aurc^s préparé une bonne quantité de mensonges et de subterfuges pour la circonstance; mais je connais enfin ses ruses et les tiennes. Oui , certes , l'expérience m'a instruit.

DONA BÉATRICE

Que veux-tu dire par-là ?

DON ROCH

Eh ! ne l'ai-je pas dit? vas-tu commencer? Mais parlons pour tout de bon. Tu as vu qu'il ne te reste aucune excuse, tu as vu que je sais tout, et tuseos que , n'étant point un imbécile , cela doit.m'affliger tt m'irriter; il est naturel...

«MMI

ACtÈ tlï, SCÉNÈ Xiii. 253

iJOffÀ ISAèÉLLE.

0tti> mônsieili'^ vàiis avez raison , Vos soupçons sont justes, je tie phii§ le nier; tnàis sachez....

DON ROCH

Il serait I)on que tù vonhisses le nier !

MUGI^OS, kpLTt

Je suis sàr qùetout à l'heure II se luordl'd la langue.

ï>ONA ISABELLE.

kpptettët que ïtralheureuse... opprimée, ce fut par violence que je vous donnai la main. Il n'y a pis de remède ^ je suis à vous ; inàis don Jtlàn. . . oui y monsieur, je l'ai aimé; notre tendresse fut sincère^

DjÔNA BÉATRICE.

Isabelle, qn^ dié-^tûli?

DONA ISABELLE

il ne serait pas juste de vous tromper; je l'ai aimé... ainsi l'a voulu mon étoile; lui, de son c6té^^. Laissez, laissez-moi, monsieur, verser ces larnies, elles disent tout ce que je suis obligée de taire. Enfin Yovs fûtes trompé, et Inoi^ n'ayant personne pour me défendre , je fus la triste victime de l'infâme avarice de mon tuteur.

DON ROCH

Fort bien; et comment 4onc,. lorsqu'il eut convenu de nous parler à tous clairement,vous êtes-vous tue comme une morte ?

DONÀ ISABELLE.

Ah ! monsieur , à votre âge , ne savez^vous doiic point encore ce que c'est qu'une jeune fille ? Ne sa-

354 L£ VIEILLARD ET LA JEUNE FILLE^ yez-YOus pas qu'on nous enseigne à obëir aveuglément, et à démentir sur notre visage les souffrances de notre cœur? On observe soigneusement nos pas, et appelant modestie la dissimulation, que l'âme souffre, peu importe, pourvu que le silence caclie ces souffrances. Le respect, la menace, l'âge innocent et tendre, la timidité naturelle, les idées du monde toujours fausses et incertaines... Ah! malheureuse, je ne suis pas la seule ; ce n'est pas la première fois qu'une autorité imprudente put opprimer k volonté....

DON ROCH

Fort bien , et toute cette harangue , que veut-elle dire ?

DONA BÉATRICE

Es-tu assez sot pottr ne pas la comprendre? Elle veut dire que si par hasard tu es irrité contre elle pour ce que tu as vu , ils ont fait tous deux en se séparant tout ce que tu pouvais désirer. Quelle autre justification veux-tu ? tu n'as plus de motifs de plainte.

DON ROCH

Assurément, c'est une bagatelle. Il n'y a rien eu; ce n'est rien, cela ne vaut pas la peine d'en parler; N'est-il pas vrai ? Ce que j'ai vu n'était absolument rien , hem , langue de Satan ?

D0N\ISAB£LLE

Je vous ai déjà dit que je l'ai aimé; et que ce serait mentir que le nier. Mais si quelqu'un soupçonne que j'aie manqué à mon devoir, il est dans une erreur complète. Non, monsieur, le ciel sait que je suis innocente d'une pareille indignité. J'ai su, avec

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