ACTE II, SCÈNE II
DON SÉRAPIO, MUYant.
Ah ! et ayez soin qu elles soient bien coUëês , parce que autrement.,..
DON ÉLEUTERIO.
J'ai pense à tout. Comme moi-même j ai senti combien cela e'tait nécessaire^ je puis assureç qu elles sont bien collées.
DONA AGDSTINA/
Le journal et la gazette l'ont annoncée, n'est--ce pas ?
DON HERMOGÈNES.
Oui y en termes formels.
DONA AGUSTINA.
Eh bien, on en aura vendu... cinq cents exemplaires.
DON SÉRAPIO.
Bagatelle! et plus de huit cents aussi.
DONA AGtSTINA.
Ai-je deviné?
DON SÉRAPIO.
N'est-il pas vrai que cela passe huit cents ?
DON ÉLEUTERIO.
Non, monsieur, non, cela n'est pas vrai. La vérité est que jusqu'à présent, suivant ce qu'on vient de me dire, on n'en a pas vendu plus de trois exemplaires , et cela me chagrine beaucoup.
DON SÉRAPIO^
Trois, pas davantage? C'est peu.
3i8 LA COMÉDIE NOUVELLE,
D03k AC0STI9A.
Ooi^ sar ma TÎè , c est bien peu.
D05 HERMOGÈ5ES.
Je di|^ngae : pea, absolument, parlant , je le nie ; respectÎTement , je Faccorde ; parce qu'il n y a rien qui soit pen ni beaucoup per se, mais bien relatiyement. Ainsi, si les trois exemplaires Tendus constituent une quantité tierce par rapport à neuf^ sous ce rapport , lesdits trois exemplaires s'appellent peu» Mais ces trois mêmes exemplaires, par rapport à un , composent un nombre triple que nous pou* TOUS appeler beaucoup , par la différence qu'il y a d'un à trois : d'où je conclus que ce que Ton a vendu n'est pas peu , et que c'est faute de lumière qu'on soutiendrait le contraire.
OOAA AGOSTINA.
11 dit bien, fort bien.
DON SÉRAPIO.
Oh ! quand cet jiomme se met à parler ! . . .
DONA MARIQUITA
Oui, en se mettant à parler, il prouvera que le blanc est vert , et que deux et deux font vingt-cinq. Je n'entends rien à cette manière de faire les comptes... Mais, en définitif, les trois comédies qui se sont vendues jusqu'à présent seront-elles plus de trois ?
DON ÉLEDTERIO.
Il est vrai , et en somme, le produit ne passe pas six réaux.