‹ Caldéron (volume 5)Chapitre 186 sur 250 · ACTE II, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIII

DOW PEDRO

If

Il faut que vous renonciez à toutes ces niaiseries.

i DON ÉLEÛTERIO.

à ' Je le Tois bien ^ monsieur ; mais je crois que le MT diable

TL DON PEDRO

Il faut absolument oublier ces folies ; c'est une

condition formelle que j'exige de vous. Je suis riche,

/fort riche , et je ne verse pas des larmes stériles sur

les malheurs de mes semblables. Le triste état

P eu vous ont réduit vos extravagances a besoin

' d'autre chose que de réflexions et de conseils , il

exige des secours efficaces et prompts. Demain

toutes les dettes que vous pouvez avoir seront payées

par moi.

DON ÉLEUTËRIO.

Monsieur, que dites-vous ?

DONA AGUSTINA.

Vraiment , monsieur ? mon Dieu !

DONA MARIQUITA

Vraiment ?

DON PEDRO

Je veux faire plus. J'ai plusieurs terres dans les environs de Madrid j je viens d'y placer un jeune homme de njérite, qui s'entend parfaitement à diriger une exploitation rurale. Si vous voulez , vous pourrez aller vous instruire auprès de mon majordome^ qui est un homme très-estimable ; et dès demain vous pouvez compter sur une fortune proportionnée à vos besoins. Madame devra contribuer de

a46 LA œMÉDIE NOUVELLE; ACTE II, SCÈNE YIII.

pas se perdre ici^. et servir de passe-temps aux plaisans qui la trouveraient,

DON ÉLBUTERIO.

Au diable la Gomëdie, ma docilité et ma sottise!

' (// déchire la comédie^ Amenl Demain , dès le point

du jour y je fais un feu de joie de tout ce que j'ai

d'imprimé ou de manuscrit^ et je ne yeux pas qu'il

reste un seul vers dans la maison.

DONA MA^RIQUITA.

Je fournirai les allumettes.

DONA AGUSTINA.

Et moi je jetterai les cendres au vent.

D<^ PÉDRO

C'est ainsi qu'il en doit être. Vous avez été longtemps trompé^ mon ami; votre amour-propre^ la nécessité y l'exemple et le manque d'instruction ^ vous ont fait écrire des sottises. Le public vous a donné une leçon très-dure , mais très-utile , puisqu'elle vous ouvre les yeux. Plût à Dieu que tous ceux qui, aujourd'hui, tyrannisent et corrompent le théâtre par la maudite fureur d'être auteurs, puisqu'ils extravaguent coAiuïe vous , vous imitassent du moins dans votre retour à la raison !

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