ACTE I, SC£N£ X
LE BA.BOK.
Et si cette crainte nous arrête, c^iie croyez-yous que nous puissions faire? Supposez que voilà mon^ train qui arrive ; que le village se remplît de plumets et de livrées ; que mon cousin Farchiduc , sans que je puisse m'en défendre, m'emmène à Ma- '. drid.... Et Isabelle? et mon amoirr?... Quand un grand seigneur se trouve sans argent, mon Dieu, qu'il est petit ! Maudit argent !
M»«. MONIQUE
Si pour votre fuite il suffisait de.... Mais la somme Mt si modique, que je suis presque honteuse de vous l'offrir. J^ai ici cent doublons ; s'ils pouvaient TOUS servir. . .
(Elle prélente lo papier que lui a donné Pascal; le baros le prend el le garde.)
LE BAROH. •
Donnez.... C'est de l'or? Bien ; fort bien... Je partirai comme je pourrai;... sur une mule... Aussitôt mon arrivée , je donnerai mes ordres pour que mon maJM^dome amène une voiture, qui s'arrêtera à rauberge, et qui n'arrivera ici que quand tout le Hionde sera endormi. Il vient , il vous avertit; vous serez en mesure de manière à partii* d'ici à deni^ keures du matin , par la fraîcheur; et au grand galop de six chevaux, vous êtes à huit heures et demie à Montespino; mon chapelain nous dit une messe très-courte ; il nous fiance, s'il le faut même il nous marie, et à dix heures vous êtes ma mère.
M"«. MOMQUE.
«Mais, monsieur*...
391 LEBAROK,
LE BAROir.
Qu'est-ce qui vous inquiète ?
M—. MONIQUE
Rien.., Est-ce un songe?
LE BARON
Il faut que vous prépariez tout ce qui est néttisaire; de mon côté je yais fcdre toutes les diligences.... Adieu.
M—. MONIQUE
Fort bien. ( A part y en s'en pliant. ) Je ne sais ce que j'éprouve ; je suis hors de moi ;.«• folle ^ foUe^». et je tremble depuis les pieds jusqu'à la tête.