ACTE II, St:ÈNE X
M»'. MONIQUE
Et il ta fallu deux grandes heures pour cela?
PASCAL
Parbleu, j'y ai été, et je lui ait dit, comme je vous le dis ici : Ma maîtresse attend M. Juan , et elle dit qu'elle l'attend ; qu'il ne tarde pas ; qu'il se dépêche, parce qu'elle a besoin de lui ; qu'il coure. ..
M"». MONIQUE
Bien ; et qu'a-t-il dit ?
PASCAL
Qui , lui ? il n'a rien dit.
Comment donc, est-ce que tu ne l'as pas vu?
PASCA.L
Moi? non, certainement.
M"* MONIQUE
Et on ne lui a pas dit que tu venais le cheit^her ?
PASCA
Sa femme le lui a dit. ™
M"«. MONIQUE
Eh bien , viendra-t-il ?
PASCAL
Comment voulez-vous qu'il vienne ?
M"«. MONIQUE
Explique-toi ; pourquoi ne vient-il pas ?
PASCAL
Parce qu'il parait que ce matin .... Voyez-vous,
436 LE BARON
madame^ le paiivrt^ tailleur monta pour mettre quelques planches dans son pigeonnier et une grille à la fenêtre ; et étant là y la tête lui tourne ; comme il était à clouer des clous, ses cHbveux se prirent à un crochet, et de là il tomba sUr le bâton où ils attachent la poulie quand ils ont des sacs de paille à monter, et de là il toniba* sur le toit de sa yoisine Marte, et de là il tomba par terre, et de là par le soupirail de la caye, zest, il tomba dans la cave, parce que le soupirail n'était pas fermé ; et de là il tomba dans une jarre d'eau-de-vie , et de là on le porta dans son lit ; et , tant qu'il sera couché , il ne yeut pas sortir de chez lui ; ... de sorte qu'il ne peut y enir.
M"«. MONIQUE
J'ai vraiment du bonheur; chaque fois^que je le fais demander il se casse bras et jambes. Prends ces effets.... avec précaution,.... et porte-les dans ma chambre.... Attends, ne y ois-tu pas que tu chiffonnes tout?
PASCAL-
C'est pour ne pas IdPlaisser tomber.
• M"'. MONIQUE
Voyez comme il s'y prend.
PASCAL
Mais
M"'. MONIQUE
Remets- les là ; Fermina va venir les plier ; laisse-les.
PASCAL
Bien .