ACTE II, SGÉNE XII. 8i
pas t'affliger pour cela , ni croire que c'est faute d'attachement... tu sais bien combien je t'ai toujours aime; et en te conduisant comme tu le dois^ je continuerai d'être ton ami comme je l'ai été jusqu'à jM*ésent.
DON GAALOS.
Je le sais.
Voilà qui est bien ; maintenant obéis à l'ordre que je te donne.
DON CARLOS
J'obéirai sans faute.
DON DIEGO , aux denx domestiques qui soilenl avec les effets^ de U chambre de
don Carlos, et qui s'en vont par la porte du fond.
A l'auberge du faubourg. ( A don Carlos. ) Tu peux y dormir pendant que tes chevaux mangeront et se reposeront.... Et ne va pas t'aviser de revenir . ici sous aucun prétexte , ni de rentrer dans la ville.... prends-y garde ; et à trois ou quatre heures du matin ^ à cheval; figure-toi bien que je saurai l'heure où tu partiras. Tu m'as entendu?
DON CARLOS
Oui, monsieur.
Songe qu'il faut que tu m'obéisses.
DON CARLOS
Oui , monsieur ; je ferai ce que vous ordonnez.
Fort bien.... Adieu.... tout est pardonné. .. Bon voyage... et je saurai aussi quand tu arriveras à Sar-
Théâtrê de Moraiù», fi
ragosse. Ne t'imagine pas que j'ignore ce que tu as fait la dernière fois.
DON CARLOS
Qu'ai^je donc £siit ?
Puisque je te dis que je le sais et que je te le pardonne^ que demandes-tu de plus? Ce n'est pas maintenant le moment de parler de cela : va-t'en.
DON CABLOS.
Adieu , portez-vous bien .
( 11 r'éloigne et revient. ) DON DIEGO.
Sans baiser la main à ton oncle. Hem ?
DON CARLOS
Je n'osais pas.
( n baÎM la nuiB i àtm Dirfg«. ) ]}ON DIEGO.
Et embrasse-moi... Qui sait ? nous ne noiis reyerrons peut-être pas.
DON CARLOS
Que dites-vous? Que Dieu ne permette pas qu'il en soit ainsi.
Qui sait, mon fils. As-tii quelques dettes? te inanque-t-il quelque chose ?
DON CARLOS
Non, mon oncle; maintenant , non.
C'est beaucoup, car tu as l'habitude de ne rien