‹ Caldéron (volume 5)Chapitre 57 sur 250 · ACTE III, SCÈNE I. g · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I. g

donne cette légèreté. Je suis sûr... Il me semble que la punition se bornera là. Hem?

Comment ! Eh ! sans doute , c'est beaucoup que je l'aie fait partir... car tu vois dans quelle circonstance il venait me surprendre. Je t'assure que quand il est parti , j'ai éprouvé un serrement de cœur. . . (On entend au loinfrapper trois coups dans la main, et un instant après le son d'un instrument. ) Qu'entends-je là ?

SIMON

Je ne sais. . . quelqu'un qui passe dans la rue ; sans doute quelques laboureurs.

Silence.

SIMON

Diable! nous avons un concert à ce qu'il paraît.

Oui^ et ils ne jouent pas mal.

Et quel sera l'amant malheureux qui vient fredonner à cette heure-ci dans une petite rue si sale ? Je parierais que c'est quelque intrigue d'amour avec la servante de l'auberge , qui a l'air d'un singe.

Cela peut être.

( Oa entend jouer de h guitare en dehors. ) SIMON.

Les voilà qui commencent : écoutons... En vérité,

SIMON. 1^01

Que veux dire tout ceci ?

Tais-toi.

(DONA FRANCISCA se met à la fenêtre. RiU reste derrière elle. Lm pokli suspensifs marquent les interruptions plus ou moins longuet qui doivent avoir Usa.)

C'est moi... Et que devais-je penser, en voyant ce que vous venez de faire? Que signifie ce départ? ( Quittant la fenêtre où elle retoutne ensuite ) Chère Rita, pour Dieu , prends bien garde, et si tu entendais quelque bruit, avertis-moi de suite... Pour toujours... Malheureuse quejesuis!... C'est bon«. .jetez là... Je ïie vous entends pas... Ah! don Félix, je ne vous ai jamais vu si craintif. {On jette du dehors une lettre qui tombe sur le théâtre. Dona Françisca la cherche à tâtons, et ne la trouvant pas elle se remet à la fenêtre.) Non , je ne l'ai point ramassée. Mais elle est ici, sans aucun doute... Je ne saurai donc pag, jusqu'à ce que le jour ait paru, les motifs que vous avez pour m'abandonner à mon désespoir?... Oui, je veux le savoir de votre bouche : votre Paquita vous l'ordonne. . . Et dans quel état croyez-vou&qu'est mon cœur? ... Il ne peut plus suffire aux sentimens qui l'accablent... Parlez.

( Simon s'arance un peu, accroche la cage et la fait tomber. )

RITA

Mademoiselle, allons-nous-en vite.... il y a du monde ici.

DONA FRANCISCA

Malheureuse ! . . . conduis-moi .

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