‹ Caldéron (volume 5)Chapitre 70 sur 250 · ACTE III, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE X

homme d'expédient^ et qui connait le monde ^ sut par mille artifices^ que son esprit inventif lui suggérait à chaque instant^ écarter les nombreux obstacles qui se présentaient dans le principe.... Le signal était trois coups dans la main y auxquels on. répondait de la même manière, par une petite fenêtre qui donnait sur une des rues latérales du couvent. Nous nous parlions toutes les nuits , furtivement, avec la prudence et les précautions convenables. . . Je fus toujours pour elle don Félix de Tolède , officier dans un régiment, estimé de mes chefs et homme d'honneur; jamais je ne lui en dis davantage. Jamais je ne lui parlai ni de ma famille , ni de mes espérances ; jamais je ne lui donnai à entendre qu'en se mariant avec moi, elle pourrait aspirer à une meilleure fortune , parce qu'il ne me convenait pas de vous nommer et que je ne voulus pas l'exposer à ce que des vues d'intérêt, et non l'amour, la fissent incliner à accueillir mes vœux. Chaque fois je la trouvai plus tendre, plus belle, plus digne d'être adorée..... Je restai environ trois mois dans les lieux qu'elle habi«tait; mais enfin il fallut nous séparer; et une nuit, nuit funeste, je lui dis adieu, je la laissai plongée dans un évanouissement mortel et je m'en fus, égaré par l'amour, où mon devoir m'appelait... Ses lettres adoucirent pour moi pendant quelque temps le tourment de l'absence,, et dans la dernière que je reçus, il y a peu de jours, elle me dit comment sa mère faisait des arrangemens pour la marier. Elle ajoutait qu'elle perdrait plutôt la vie que de donner sa main à un autre que moi ; elle me rappelait mes sermens et m'exhortait à les remplir; je montai à cheval, je par-

ii8 LE OUI DES JECÎIES FILLES,

tjs précipitamment, j'arrÎTai à Gnadalasara, je ne la

tronyai pas, je Tins ici Le reste, toiîs le sayez,

il est inatiie de tous le dire.

D05 riÊGO.

Et quels projets étaient les tiens en faisant ce Toyage?

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