‹ CalderonChapitre 92 sur 93 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

La ooor do cbàlMu.

Entrent ANTONA et DES VILLAGEOIS.

ANTONA.

Pardieu! il fiiut que nous voyons comment les emballeurs ^ parlent aui rois, et ca ne sera pas une des choses les moins curieuses que nous aurons vues à Belflor.

Entrent LE ROI, LINFANTE et ROBERTO.

ROBERTO

Sire, si mes yeux ne me trompent, l'ambassadeur qui vient, c'est l'infant lui-même.

, LE ROI

Oh ! si cela devait en6n terminer tous mes ennuis l

l'infantb.

Puisse-t-il mettre un terme à mes peines t

Entre L'INFANT.

l'infant.

Sire, que votre majesté me permette de baiser sa main.

LB ROI

Oh ! nous vous connaissons; et je ne souffrirai jamais cela de votre altesse.

l'infants.

Ce serait étrange.

l'infant.

J'ai voulu être moi-même mon ambassadeur. Bien que ma personne soit connue , je réclame leurs privilèges ; — et après vous avoir remercié de votre bienveillant accueil^ je commence mon message. — Le prince Frédéric est entré seul dans la lice où il devait combattre don Pédre Sforze ; il s'est mesuré avec lui corps à corps et lance contre lance ; et s'il lui a donné la mort, c'a été de la façon la plus loyale : il ne mérite donc pas le traitement que vous lui avez infligé comme s'il s'était conduit traîtreusement. On dit que vous vous proposez de lui ôter la vie ; je ne puis le croire : cela serait indigne de votre rang, indigne de votre caractère, indigne de vous.

* Que eon $sto freno rieo Dt cecina bien lopassa.

Freno rieo de eeeina Tcut dire frein riéh» de salaison.

* Dans le texte Aotooa dit baxadores (qui n*esl pas etpagnol], au lien de emhaxadoresy anbauadeun.

a)4 LE GEOLIER DE SOI-MÊME.

Rendez-iqpi donc mon frère, ou je soutiendrai dam le champ que vous êtes un roi perfide, puisque vous faites périr mon frère, vous qui lui deviez votre protection par cela seul que, se fiant à votre loyauté, il se présentait à un tournoi donné dans vos états.

LE ROI

Un roi qui donne un tournoi doit, je l'avoue, laisser à tous le champ libre; mais il ne doit pas souffrir qu'un aventurier inconnu, ou qu'un prince qui ne se fait pas connaître, joue de l'épéc sérieusement en sa présence. Ceci vous explique l'emprisonnement du prince Frédéric. — Quant à ce qu'on vous a dit que je voulais lui ôter la vie, et même peut-être que je la lui avais déjà ôtée, je n'ai qu'une réponse à vous faire, et la meilleure à mon avis, — c'est de TOUS le montrer vivant. {Appelant,) Holà! gardes, qu'on dise surle-champ au goliverneur de venir ici avec le prisonnier. {A V infant.) Songez-j donc; je ne pouvais pas vouloir la mort du prince Frédéric, alors que, pour tout arranger, je m'occupais de son mariage avec Marguerite ; et ce mariage, je l'eusse fait, vive Dieu ! si je ne considérais que le prince n'a pas toute la prudence nécessaire. l'infant.

On m'avait trompé, sire; je vous en demande pardon, et m'en remets à votre bienveillance.

Enlre HÉLÈNE.

HÉliNE.

Si les larmes d'une femme peuvent toucher le cœur des hommes et des rois, je viens, sire, à vos pieds en pleurant. Comment, sire, pouvez-vous manquer à la justice à tel point que vous récompensiez un homme qui m'a tant offensée 7 Comment mettez-vous Frédéric en liberté, et lui donnez-vous la main de l'infante, sans considérer que j'ai contre lui de si graves motifs de plainte?... Sire, j'ai perdu mon frère ; donnez moi un époui qui le remplace, qui défende mon honneur comme il l'eût défendu lui-même, et alors vous pourrez faire grâce au prince. Tout ce que je vous demande, sire, pour dédommagement de tous mes malheurs, c'est que vous traitiez pour moi d'une alliance avec le duc de Mantoue, qui est, à votre insu, dans votre royaume , et alors je me tiendrai pour satisfaite et honorée.

LB ROI

Le duc de Mantoue ici?... En ce cas, je vous promets de vous le donner pour époui aujourd'hui même.

HÉLÈNE

Ah ! sire, quelle reconnaissance 1 [A part.) amour! me voilà bien vengée de la jalousie que me causait Marguerite! J'ai remporté la victoire en trompant qui me trompait.

IB ROI

Tenez, voilà le prisonnier qui paraît sur le rempart avec le gouverneur. Vous voyez que je ne l'ai pas tué.

JOURNÉE m, SCÈNE Ilf. 306

On Yoil paraître sur le rempart FRÉDÉRIC et BENITO. I/INFANT.

Ah ! mon cher frère 1

l'infante, à pari.

L'infant les voyant tous deux et ne sachant lequel est le prison-» nier, lequel est le gourerneur, parle au premier comme k son frère. HÉLÂNB, à part.

Dieu me soit en aidel... Que Yois-je?... Quoi! c'est \k le prisonnier? Je jurerais que je le connais/ '

ANTONA.

Regardez donc, Berto, Belardo ; ou je suit ivre, ou ce prince-là n*est autre chose que Benito.

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