CHAPITRE XII
lation, il n'en a pas moins cherché à traiter les autres avec honte. Il a pris dans son maintien une dignité triste, qui cependant est toujours accompagnée d'une extrême douceur et d'une politesse parfaite. Tout le monde le respecte, car sa bienfaisance est toujours la même; mais il règne dans toutes ses manières une réserve et une froideur imposantes qui semblent interdire à ceux qui l'approchent toute communication familière et affectueuse. Tel est son état à peu près constant, si ce n'est à certaines époques où ses souffrances deviennent tout à fait insupportables et où il manifeste les symptômes de la plus furieuse démence. Dans ces moments de crise, ses paroles sont énigmatiques, et sa conduite toute mystérieuse et craintive; il semble se figurer tour à tour toutes les espèces d'alarmes et de persécutions qu'une accusation de meurtre peut entraîner après elle. Mais, sentant bien son état, il ne cherche alors qu'à dérober ses faiblesses à tous les regards et à se retirer dans la solitude; en général, ses domestiques ne savent rien de son intérieur et ne connaissent de lui que cet air de mélancolie et d'abattement, ces manières douces mais imposantes et peu communicatives qui accompagnent toutes ses actions. »
•234 CALKB WILLIAMS.