LA RÉCRÉATION ET L'ÉDUCATION DU PREMIER A6E
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par la f&arannt Hia 2rc (fLtùmbïnj^^ijt.
l'n keai Tilnne iu-4^ orné de SO uagniGqnes |;raT«res, dessinéfs par Sckerer, 1 Paris, gravées sar bois par Krown, el 50 pages de nisifoe.
Prix t Jk% francs.
Extrait de la préfau de Vauteur, Madame la B°°« Ida de Crorobrugghe :
Aux JeURES MBIES!
« Le livre des Causeries présente une série de jeux, de chansonnettes et de leçons morales qui aideront è conduire è bon terme rœuvresL importante de l'éducation de Tenfant par la mère. Mais ce livre écrit en allemand pour les mères de toutes nations, n*était pas lu jusqu'ici ni en Belgique ni en France, et ne répondait ainsi que fort imparfaitement è la pensée de son auteur. Encouragée par les pressantes sollicitations de mon estimable amie. M"» la baronne de Marenholz, Tintelligente et zélée apôtre de Prœbel, je m'engageai à publier en français un livre des Causeries de ta mère, d'après l'œuvre originale.
h En vous offrant à mon tour ce travail, j'ose compter sur votre bienveillance envers une mère qui cherchait naguère, comme vous le cherchez aujourd'hui, è remplir ses devoirs d'éducatrice du jeune âge de la manière la plus conforme à son titre de mère chrétienne; j'ose compter aussi sur votre zèle et votre dévouement intelligent pour suppléer à ce que peut avoir d'incomplet ce livre qui, comme toute œuvre humaine est susceptible de mieux ; et j'en appelle sur ce point à cette loi de progression invoquée souvent par Prœbel lui-même dans ses ouvrages sur l'Education de l'homme-enfant. Mais avant tout j'éprouve le besoin de vous exposer la raison qui m'a fait accepter cette tâche et la pensée qui a présidé è son accomplissement.
» Il y a plusieurs années, lisant le livre de VÉducaiion des Mires de famille, par Aimé
Martin, qui a eu eu France un long et légitime succès, je fus, dès les premières pages, frappé d'un exemple invoqué par Tauteur, en faveur de Tinfluencede la mère sur les sentiments, les vertus et les goûts de Thomme dont elle cultiva renfonce. Convaincu de la force de cette influence, Aimé Martin, en citant plusieurs faits saisissants à Tappui de son assertion, ne peut passer sous silence celui de Rarnave, qui, au moment de monter sur réchafaud, songe à sa mère et lui rend grâce de luiavoir donné le courage qui Taniroe et qu'il conservera jusqu'au moment suprême. — C'est ma mère, écrit à sa sœur l'émule de Mirabeau, c'est ma mère qui doit élever vos garçons, elle leur communiquera celte âme franche et courageuse qui fait les hommes.
» Ah! me disais-je tout émue, sans doute il est beau d'apprendre à son Qlsà mourir en homme, mais il ost non moins beau et plus difflcile peut-être, de lui apprendre è vivre comme doit vivre tout homme qui comprend la dignité de son être. Le livre dont un passage venait de m'émouvoir, était une longue et profonde étude de l'Education des mères de famille, fortement comprise, savamment exposée, et faite pour aider puissamment toute femme dans l'accomplissement de sa haute vocation de coonératrice h l'oeuvre de la civilisation du genre humain. Toutefois la lecture terminée, reprise et terminée encore, je regrettai de n'y pas trouver la réponse à cette question toujours posée et jamais résolue : comment faut-il s*y prendre pour développer simultanément et dès leurs premières manifestations, les facultés physiques, morales et intellectuelles de cette frêle créature que Dieu commet à nos soins et qui n'est rien moins que la postérité naissante dépositaire des espérances de l'avenir humain? Que de fois aussi pendant la première enfance de mes fils, ai-je regretté l'absence d'une méthode qui servit à guider la mère dans la manière d'utiliser au profit du développement physique et moral de ses enfants, cette multitude de jeux qu'ils inventeraient si leurs petits prédécesseurs ne leur en eussent évité la peine. Pressentant dès lors, dans l'attrait qu'avaient pour les miens ces jeux enfantins, un élément éducateur puissant, j'essayai de l'en extraire J'y réussis quelquefois, mais j'échouai le plus souvent et je me résignai h suivre la voie battue qui consiste k développer plus ou moins isolément leurs jeunes facultés; travail long, diflicile et toujours incomplet.
9 Quels ne furent pas mes regrets et ma joie, lorsque le hasard, disons mieux, la Providence me fit rencontrer la femme que Frœbel n'hésita pas èi nommer la Mère de l'idé-, dont il réclamait à bon droit la paternité. Par elle, je fus mise au courant du système, ayant pour but le développement harmonique des facultés de l'homme, proposé par Frœbel. Déplorant de l'avoir ignoré pendant le cours des fonctions maternelles qui m'étaient propres, je l'acceptai avec bonheur pour vous, jeunes mères attachées encore au berceau de vos enfants. Dès lors je me promis de consacrer mes loisirs et mes faibles talents à la propagation d'une œuvre qui correspondait à mes aspirations, comme elle doit répondre aux besoins de toutes les mères.
» Voilà en peu de mots la raison qui me fit prendre la plume pour tenter de vous initier auxtingénieux procédés de F. Frœbel, etc. »
« Dans soD livre des causeries de la mère, Frœbel préseotoà TenfaDt eo ima- » ges, rhistoire de sa vie enfantine ; ce sont d'abord les premières relations de n l'enfant avec sa mère, les premiers soins qu'elle lui prodigue, les premiers » jeux qu'elle lui enseigne; puis les relations avec les membres de sa famille, » avec d'autres enfants et d'autres familles. L'enfant y voit également la repré- » seutation des phénomènes delà nature universelle, le soleil, la lune, les étoi- » les, etc., les scènes de la vie des animaux, le jardinage et l'agriculture ; la vie » domestique, sous différents points de vue, puis les professions, le commerce, » les arts, les scènes de la vie morale de l'enfant, l'église, le culte, enfin les ma- « nifestations de la vie en général, mises à la portée de la première enfance. » Puisque l'enfant doit se préparer à la vie réelle, il faut lui en donner de bonne » heure des impressions générales, qui seront en quelque sorte pour lui la base » des connaissances à acquérir plus tard. La parole de la mère saura représenter » à l'enfant ces scènes générales comme étant celles de sa propre vie indivi- » duelle, elle lui fera voir ainsi comme dans un miroir, sa propre histoire, qui » est l'histoire de chacun de nous. Elle lui racontera son histoire dans le passé,
» dans le présent et dans Tavenir. L'enfant aura ainsi un point de départ pour » comprendre Thistoire de Thumanité. l'histoire universelle, et il trouvera par le » moyen des emblèmes, il comprendra par intuition, Tanalegie du développe- » ment de l'individu et celui de l'espèce. »
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