‹ Calendriers d'un bourgeois du Quartier LatinChapitre 22 sur 46 · Paris est très calme, mais à Lyon le peuple · texte numérisé non relu

Paris est très calme, mais à Lyon le peuple

^ Dans son IHeti&nnaire des monumefUs de Paris, publié en 1836, 6. de Roquefort, de la Société des antiquaires de France, dit h Particle place Saint- André-des- Arts, qu'elle a été établie sur l'emplacement de l'église de ce nom, qui fut démolie en 1795,

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a broyé toutes les devantures des boutiques italiennes ; ce qui est absurde. L'assassin s'appelle : Caserio.

On me dit qu'à la nnairie du VIII® arrondissement est affiché le mariage d'un fils de l'infortuné Président, avec la fille de M. Chiris, sénateur.

27. - A Versailles, le Sénat et la Chambre se sont réunis en congrès pour nommer un nouveau Président. Casimir-Périer, le petit-fils du grand orateur, fut nommé. Il a été autorisé, par décret de Mac-Mahon, à ajouter à son nom de Périer le prénom de Casimir, afin de rappeler complètement le souvenir de son grand-père, de sorte que notre Brésident s'appelle de son prénom Jean, et de son nom Casimir-Périer. Il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur pour sa conduite pendant le siège Au combat de Bagneux, où il combattait comme mobile de l'Aube, il reçut même dans ses bras le comte de Dampierre, comipandantdes mobiles de l'Aube, qu'une balle prussienne venait d'atteindre mortellement.

— A cinq heures Paris apprit la nouvelle.

28. — Les camelots font des affaires d'or en chantant et vendant une complainte sur la désolante mort de Carnot.

/'' Juillet 1 894, — Splendides funérailles de Carnot. Je vois tout le défilé à la fenêtre d'une maison, n*» 110, rue de Rivoli. Casimir-Périer, à pied, suit le char, les magistrats sont également à pied. Les présidents de Cour de cassation et le procureur général, avec leurs pèlerines d'hermine, peuvent à peine marcher par une température sénégalienne, de 28 degrés à l'ombre.

2. — Hier, nos magistrats, ruisselant de sueur sous leur hermine, Jurent obligés, pendant la longue cérémonie religieuse, de sortir pour se rafraîchir chez un marchand de vins de la place du Parvis Le général de Galliffét, qui se mourait de faim, et se tenail debout depuis la première heure du jour, s'est assis sur le comptoir de ce marchand de vins en dévorant un morceau de pain, agrémenté de saucisson. 11 fit bien de se restaurer, car ce fut lui qui, pendant une heure et demie, en plein soleil torride, assista au défilé des troupes devant le cercueil, placé sous le po.rche du Panthéon.

Dans la délégation des étudiants qui assistaient aux obsèques, on remarquait un étudiant amputé d'une jambe et décoré. C'est un ancien lieutenant, rais à la retraite, qui fait aujourd'hui son droit à Poitiers.

De pauvres soldats qui figuraient au cortège manquèrent de s'afïaiser au commencement du boulevard Saint-Michel tant ils suffoquaient de chaleur. Nos jeunes gens dévalisèrent bien vite les marchands de coco et désaltérèrent les troupiers. Il paraît que certains colonels et même des généraux ne refusèrent pas le verre de coco.

8. — Une foule énorme se masse autour du Panthéon et arrache, comme souvenirs, les fleurs des couronnes déposées le long de la grille.

Vendredi 13. -' Hier, M™» Carnot a quitté l'Elysée au bras de son fils aîné, Sadi Carnot. Elle était suivie de ses deux autres fils. Tout le personnel de l'Elysée était réuni dans la cour d'honneur pour la saluer. Elle s'est rendue immédiatement à son domicile particulier de l'avenue de l'Aima.

15. — La fête du 14 juillet n'a pas été gaie. On a cependant dansé dans les rues, mais peu d*entrain. M. Lépine voulait empêcher les bals, mais les marchands de vins ont crié à la perte delà République et... de leurs petits bénéfices M. le Préfet a bien été obligé de céder. Le Gouvernement n'a point participé à la fête ; pas d'illuminations des monuments nationaux. Tous lès drapeaux restèrent en berne.

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