‹ Calendriers d'un bourgeois du Quartier LatinChapitre 46 sur 46 · RECTIFICATIVES ET EXPLICATIVES · texte numérisé non relu

RECTIFICATIVES ET EXPLICATIVES

Sur la note du 2 Janvier 1888, page 1 :

J'ai omis de dire que la chanson : Les lamentations du heaupère était du chansonnier Gabillaud, qui ût tant de chansons drôles destinées à être chantées dans les rues de Paris.

Je me rappelle notamment celle-ci : Ah ! quel malheur de s'appeler /a>cques, chantée au quartier latin (mais non point par les étudiants), quand en janvier 1888 M. Jacques, notable personnage de ce quartier, se présentait aux élections contre Boulanger.

Sur la note du 19 septembre 1888, page 11 :

Ce même jour, 19 septembre 1888, à la synagogue de la rue de la Victoire, devant le cercueil du grand rabbin de î^ance Isidor, Zadoc Khan, grand rabbin de Paris, prononça une fort belle oraison funèbre. La voix de tous le nomma dès lors grand rabbin de France. J'ai fait comme tout le monde. On le voit par ma note, mais le vox populi ne suffît pas. Officiellement il ne fut nommé qu'en 1890 et installé seulement à la fin de mars de cette année, sous la présidence de M. Alphonse de Rothschild et avec une très grande pompe.

£n ce qui concerne le changement de prénom de Zadig en celui de Zadoc^ un grand personnage, homme des plus érudits en littérature hébraïque, m'a dit en riant : « Mais c'est une erreur complète ; dans le séminaire le jeune lévite Kahn s'appelait bien de son prénom : Zadoc, qui veut dire le pieux. Il se fut appelé Zadig, prénom également biblique qui veut dire juste, qu'il ne lui serait pas venu à l'esprit de prendre un autre prénom parce que Voltaire a donné ce prénom à son Juste, n n'aurait pas imité l'exemple des nombreux israélistes du prénom de Zadig qui, à la fin du moyen-âge changeaient

leur prénom en celui de Jufi% pour obéir aux préoccupations de la Renaissance et satisfaire leur amour-propre »

J'ai déjà eu Poccasion ^ de parler de M Zadoc Kahn, lorsqu'en septembre 1887 il inaugiira, dans notre quîirtier, rue Vauquelin, près du séminaire israélite, un vaste oratoire pour les besoins religieux de ses coreligionnaires. Beaucoup d'entre eux, en eftet, habitent les déclivités sud de la Montagne Sainte-Geneviève .

Bwr la note du 20 décembre 1888, page 24 :

Après la dernière ligne de ladite note j'ai oublié cette fin de phrase :

« Si bien que M . de Germiny, dans une assemblée générale, remercia M. le duc de Galliera des services qu'il avait rendus aux deux Sociétés, V Immobilière et le Crédit mobilier. »

Sur les notes du 19 mai 1889, p. 38, et du 3 aoàt 1896, p. 210 :

Deux biographes (très érudits et très bienveillants) de Dolet, M Vf. Boulmier et Copley-Christie, prouvent qu'il n'était ni athée, ni matérialiste. Le Parlement de Paris n'a, du reste, condamné le libraire Dolet que pour blasphèmes, sédition et exposition de livres prohibés.

Sur la note du 25 février 1890, page 61 :

Par un décret du 3 juin 1890, M. Camot signa la grâce du duc d'Orléans.

Sur la note du 30 mai 1890, pa>ge 63 :

Krapoline î^'cderowna fut remis immédiatement en liberté. Ce fut un nommé Lwoff et non le fameux Lavroft qui fut arrêté.

Sur la note du 27 mars 1891, pa^e 77 ;

Ce n'est pas la chapelle du Luxembourg qui fut concédée aux Maronites, mais ceUe du petit Luxembourg, appelée V oratoire de Marie de Médicis, bijou architectural du xvii* siècle. Les Maronites sont aujourd'hui dans la chapelle de l'ancien hôpital Trousseau.

Quant à la chapelle du Luxembourg mes souvenirs m'ont mal servi, elle n'est pas trop petite, et elle ne manque pas

* Calendriers d^un Bourgeois du quartier latin, !'• série, p . 227.

d'ornements ; elle peut contenir au moins 300 personnes et elle est décorée de fort belles peintures. Elle fttt construite par M. de Gisors, T ancien architecte de la chambre des pairs, sous le règne de Lotds-Philippe. On TappeUe la chapelle Marie' Amélie ; pairs aussi bien que députés venaient s'y marier. Ledm-RoUin s'y maria, comme me l'apprend mon excellent ami Ernest Carette, avocat à la Cour d'appel. Il tient ce fait de feu son père, Antoine Carette, le continuateur de Sirey.

Sur la note du 14 juiUet 1891, page 83:

La maison de Danton fut expropriée en octobre 1875, lors des expropriations de la Cour de commerce dont elle occupnit le numéro 1. Elle fut démolie vers 1876 pour le percement du boulevard Saint-Germain entre la rue Hautefeuille et la place Saint-Germain-des-Prés.

Sur la note du 20 aa(U 1891, page 86 :

M"* Agar fut en eâet enterrée au cimetière Montparnasse. Sur son tombeau est placé un admirable buste de marbre blanc qui nous la rend telle que nous la vîmes dans notre jeunesse, quand elle jouait le rôle de Sylvia et qu'un rayon de lune venait argenter son visage.

\fine Agar trouva tout d'abord aux Français beaucoup d'hostilité ; mais bientôt de douces sympathies vinrent la consoler. On eut pour elle la plus grande condescendance, quand elle faisait en province des tournées triomphales qui lui rapportaient beaucoup d'argent mais ne pouvaient guère s'allier avec ses devoirs de pensionnaire ; c'est à cause de cela, m'a-t-on assuré, qu'elle ne put se maintenir comme telle à la Comédie. Pour comble do malheur elle perdit toutes ses économies dans de mauvais placements.

En outre le I>ictionnaire des contemporains de Vapereau dit ceci :

Ce fut sur Vinvitaiion expresse de M. Edouard Thierry, <idministratew de laComédie Française, que M '* Agar dit des vers dans un concert, organisé en mai 1871, au profit des blessés de la garde nationale fédérée. »

Sur la note du 30 décembre 1891, page 95 ;

M"* Bertillon est non-seulement médecin du lycée de filles de la me du Rocher (et non des Rochers), mais encore médecin du théâtre de l'Odéon. C'est Caroline Schuttz dont il est parlé à la page 22 et dont les rares qualités de diagnostic furent grandement louées quand elle passa sa thèse de doctorat.

Sur la note du 24 décembre 1892, p^iges 114 et 115 ;

Une personue connaissant très bien les familles Bertrand et H ermite m'assure que feu M. Hermite, passait à tort pour avoir été blessé dans la catastrophe de 1842, que c'était le propre frère de M. Bertrand , M. Alexandre Bertrand, qui eut la jambe brisée dans cette catastrophe. La confusion se iit facilement puisque M , Hermîtie, le beau-frère de M. Bertrand, était lui-même souffrant d'une jambe.

Sur la note du 12 juillet 1893, page 130 :

Paul Valet, vice-président de la Société de la Montagne Sainte-Geneviève, toiyours des mieux renseignés sur l'histoire ancienne et moderne du quartier latin, m'a donné l'explication des deux prénoms choisis par le maire ; Ja>oqueline, parce que l'enfant fut trouvée sur les marches de l'église Saint- Jacquesdu-Haut-Pas; Lucie (Lux, Lucis], parce qu'elle fut aperçue an point du jour, à la première lueur matinale.

Son nom de Bagarre s'explique de lui-même.

Sur la note du 12 aoiU 1893, page 131 :

La mère Angélique était la ôUe d'Antoine Arnauld, l'avocat, et la sœur du second Antoine Amauld, le théologien. Amauld et non Amault.

Sur la note du 17 féviier 1895, page 176 :

Ma mémoire m'a très mal servi lorsque j'ai écrit qu'en 1880 certaines maisons du boulevard Saint-Michel étaient en partie descendues dans les catacombes. C'est ce que le public craignait; mais il n'en fut rien. Au contraire, page 181, je constate dans une note du 31 juillet 1880 (Calendriers V* série], que, quoiqu'on en eût dit, les maisons, à l'œil nu, n'avaient pas du tout l'air de vouloir s'enfoncer, que néanmoins elles avaient une tendance à descendre. J'ajoute dans la note suivante du 1" août 1880, même page 181, que des ouvriers experts fortifiaient et consolidaient les piles qui, dans les catacombes, soutenaient les maisons menacées. En fait; depuis 1880 rien ne semble avoir bougé. Dans le quartier latin nous en sommes presque tous là ; nous vivons au-dessus d'immenses catacombes d'oîi ont été tirés les matériaux qui ont servi à édifier l'immense ville et ses monuments colossaux.

Sw la note du 23 janvier 1897, page 223 :

Je dis : les deux mille croix de supplément ne feront pas de

mal au bttdget; pour nous, contribuables, c'est le principal. Je n'ai pas réfléchi aux croix décernées aux militaires.

/Si*r la note du 26 janvier 1897, page 223 :

A propos de cette note un de mes lecteurs, à qui j'ai donné la primeur de mon livre avant le brochage, me disait : « Le hasard m'a fait assister plusieurs fois aux ablutions du député de Pontarlier, mais toujours au pont de la Concorde, presque devant le Ministère des aflaires étrangères, oyi plus exactement devant la Présidence. Un sergent de ville empêchait le public de descendre sur la berge tant que le docteur faisait sa baignade de jambes .

Swr la note du 20 novembre 1897, page 238 :

Le commandant Esterhazy n'était pas en retraite, mais en non-activité pour infirmités temporaires. S'il avait été en retraite on l'eût fait comparaître devant la Cour d'assises et non devant le Conseil de guerre.

Sur les notes des 10 et 11 juiUet 1898, pages 262 et 263 :

J'ai oublié de dire que l'aflectueux ami dont j'ai parlé est M. de Hérédia qui, malgré ses très grandes réserves, trouva néanmoins admirable la poésie de Leconte de Lisle et parfaitement choisi le lieu du monument ; pour ma part j'ai grande peine à voir le lieu le plus enchanté du Luxembourg aôecté à la glorification d'un poète qui fut si désenchanté de la vie, dont l'efSgie ne rappelle que les tristesses et les amertumes de cette vie.

Snr la note du 14 juillet 1898, page 265 (renvoi) :

La Revue dont je parle dans le renvoi est la savante revue d'art antique : Le Musée, numéro de mai-juin 1904.

Sur la note du 23 octobre 1898, page 270 :

J'ai entendu dire dans le quartier que les Delalain touchèrent en outre une certaine somme sur un crédit qu'avait obtenu de l'£tat M. Bourgeois, ministre de l'instruction publique. Il n'en pouvait être autrement. Si la Ville, eneôet, gagnait un square, dans cette négociation du beau terrain Delalain, l'Etat y gagnait une superbe perspective pour sa Sorbonne et pour son musée de Cluny.

Sur la note du V décembre 1898, page 274 :

Voilà comment doit s'écrire et s'accentuer le tercet dn Paradis de Dante :

Essa è luce etema di Sigieri

Çhe, leggendo nd vico degli Strami

SîUogizzo intfidioH veri.

Sur la note du ii décembre 1898, page 275 :

D'après l'avis d'un vieil et très savant archéologue, j'ai accepté la date de 1800 pour celle de la démolition de Saint- André-des- Arts. Mais dans une note précédente (10 juin 1894), j'avais adopté celle de 1795 et ce sur la foi de i\l . B. de Roquefort, membre de la Société des Antiquaires de France. Mon archéologue et M. de Roquefort ont probablement raison tous les deux. La démolition d'une église importante comme ceUe de Saint-André-des-Arts a bien pu durer cinq ans.

Sur la note du 17 octobre 1899, page 301 :

On me dit que de son second mariage avec le docteur Charcot, Augnstine Laurent-Richard eut non seulement un fils, Jean Charcot, mais eucore une fille, Jeanne, mariée à M. Alfred Edwards.

Eu effet, Jeanne Charcot figiure dans la lettre de faire-part de la page 133.

Je parle dans cette note du grand chirurgien Charcot ; la dénomination est inexacte. Charcot ne fut pas chirurgien, mais médecin des maladies nerveuses, comme je l'avais dit, du reste, à cette même page 133.

Sur la note du 2 août 1900, page 320 :

L'assassin, nommé Saison, fut reconnu pour un anarchiste, jouissant de sa pleine raison ; il fut condamné en novembre 1900 aux travaux forcés & perpétuité.

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