‹ Caliban, suite de La tempête, drame philosphiqueChapitre 12 sur 74 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

Prospère, duc de Mihui, inconnu à tous les historiens; — Caliban, être informe, à peine dégrossi, en voie de devenir homme ; — Ariel, fils de Tair, symbole de luléalisrae, sont les trois créations les plus profondes de Shakespeare. J'ai voulu montrer ces trois types agissant dans quelques combinaisons adaptées

Il AL" LECTECU.

aux idées de notre temps. Je suppose qu'après la tempête. Prospéra , vainqueur par son art magique tie tous st's ennemis, est rétabli sur son trône de Milan: j'y transporte avec lui Ariel, son agent aérien; Odiban. son esclave toujours révolté; Gonzîdo. >on vieux conseiller; Trinculo. si»n bouffon. Shakespeare est rhislorien de lélernité. Il ne peint aucun pays, ni aucun siècle en particulier; il peint rhistoire humaine. Dans ces grandes batailles de ridée pure, le souci de la couleur locale et de l'exacte représentation des costumes, des mœurs, serait iléplacé. Je me suis conformé à cette loi. Avant de me reprocher des anaclironismes, je prie qu'on veuille bien me dire dans quel siècle a vécu Prospero.

Cher lecteur, voyez dans le jeu qui va suivre un divertissement d'idéologue, non une théorie; une fantaisie d'imagination, non une thèse de politique. Je l'écrivis, il y a quelques

AU LECTEUR. m

mois, à Ischia, le matin, quand les vignes se couvraient de rosée et que la mer était comme une moire blanchâtre. La philosophie qui convient à ces heures de repos est celle des cigales et des alouettes, lesquelles n*ont jamais douté, je pense, que la lumière du soleil ne soit une chose très-douce, la vie un don excellent et la terre des vivants un bien agréable séjour.

nobles Milanais.

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