‹ Caliban, suite de La tempête, drame philosphiqueChapitre 17 sur 74 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

d'insulter. Me donner le langage, c'était m'armcr pour cela. Je n'ai pris de la langue des Aryas que l'ordure et leblasphèmo. C'est plus fort que moi, je ne peux m'empêclier de maudire.

Ta voulus aussi violer Miranda.

Après tout, nous aurions peuplé l'île. Les hommes se valent. Son père me devait un salaire. Je Fendais son bois, j'allumais son feu , jo portais l'eau ; sans moi, il n'aurait connu ni ciiamps ni arbres.

Tu me scandalises et lu m'irrites, autant que je peux être irrité. Je ne pcu\ fe réfuter; car réfuter n'est pas mon fait. Pour moi, je sers l'idée avec bonheur. Après la catastrophe du navire dans l'île enchantée, mon maître me promit la liberlé.

îi Retourne aux éléments, me dit-il ; sois libre et porte-toi bien. » De jour en jour, j'ai cru qu'il allait me lâcher, et, chaque jour depuis, il m'appelle son petit oiseau, son gentil Âriel, et moi je reste, et je ne lui rappelle pas seulement sa promesse. Il fait ici de si belles choses !...

Ah ! pour cela, par exemple, ça m'est bien égal.

ARIEL

Des choses très-supérieures à ce qu'il faisait dans rîle.

CALÏDAN.

Oui, c'était charmant! Des crampes, des tiraillements horribles, des serpents, des hérissons sous les pieds, des scies, des râpes, des lardoires, des tenailles qui vous éliraient, vous torturaient, enfin une géhenne de tous les jours. Et puis voilà ce qu'il y avait de honteux, Ariel. Ah ! toi, tune sens pas cela. Tu es religieux, soumis ; tu acceptes ta

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