‹ Caliban, suite de La tempête, drame philosphiqueChapitre 45 sur 74 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

Donc, avant tout, prenez-luî ses livres. Là est le secret de sa force. C'est par là qu'il règne sur les esprits. Cassez-lui aussi ses cornues de verre et tout son outillage. Sans ses livres, il sera comme nous. Quand il sera comme nous, la besogne sera faîte aux trois quarts. Il est vieux et faible de corps; sa garde ne compte pas. L'argent qu'il devait lui donner, il l'employait en livres et en cornues de verre. Vous pourrez très-facilement ou l'étrangler, ou le mettre dans une cage pour mourir de faim, ou le forcer à se faire moine. Oh ! quand vous aurez brûlé ses livres, vous pourrez être généreux. Mais, d'ici là, pas de pitié!

Applaudissements universels.

UN CLERC

Chaque révolution produit son grand homme. Le grand homme de celle-ci, c'est Caliban, le grand citoyen Caliban.

LN HOMME DU PEUPLE

Courage, Caliban ! Décrète le bonheur de tous.

Plus tard. Pour le moment, guerre aux livres. Croyez-moi; ne perdez pas de temps.

UN nOMME DU PEUPLE.

Quel bon sens a cç Caliban ! D'où est-il? Comme c'est clair, ce qu'il dit ! 11 aime le peuple.

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