PROSPERO, GONZALO
Dans la chambre de Prospère.
rnosPERO.
Elî bien , Gonzalo, c'est aujourd'hui que je vais ùlre pour la troisième fois duc de Alilan.
(iOXZALO.
Monseîgneur, je n'ai jamais dit que la vérité à Votre Altesse. Je ne sais pourquoi je crains. Chaque procédé a son heure de succès, chaque remède guérit pendant quelque temps. Jamais les choses ne se passent deux fois de suite de la même manière. Ce qui réussissait en commençant, dans le désordre de la première création, échoue quand on revient à la charge avec des moyens mieux combinés. Ce que vos esprits ont pu contre les princes, ils ne le pourront peut-être pas contre le peuple. Il est difficile de triompher du peuple.
64 CALIBÂN.
PROSPERO
Tu ne vois donc pas la supériorité de mes moyens ? Mes vapeurs, mes gaz, mes esprits, mes poudres assurent à. moi ou aux héritiers de mes secrets la domination sur une foule désarmée, conduite par une brute.
OONZALO.
Pas tant que vous pensez. Vos poudres, ces gens les fabriqueront et s'en serviront. Plusieurs d'entre eux ont été vos soldais et savent le maniement des armes.
PROSPERO
J'inventerai des engins dont ils ne pourront se servir.
GONZALO
A la bonne heure ! Mais ces engins, vous ne les avez pas encore.