LES HEURES DE LA KUIT
ISous sommes des Heures heureuses Par qui le plaisir est conduit ; Quand les étoiles .imoureuses Percent le voile de la nuit.
Près de la beauté qui repose, OEil entr'ouvert, bouche mi-close, Vers un lit parfumé de roses , Nous guidons César et l'Amour, Et là nous demeurons sans trêve Jusqu'au moment, où comme un rêve.
L'aube naissante nous enlève Sur le premier rayon du jour.
Un nuage descend et s'abaisse pris du char; Messaline parait en f^icloire, une couronne d'or à la main.
MESSALINE
Et moi, Romains, je suis la Victoire fidèle Dont la puissante main enchaîne le hasard. Qui tresse au conquérant la couronne immortelle, Et qui descend du ciel pour couronner César.
Et maintenant, ô fils et de Mars et de Rhée,
Peuple nourri du lait delà louve sacrée.
Vous pouvez contre tous combattre impunément,
Il enlève Messaline de son nuage et la met près de lui sul son char.
Caria Victoire a pris César pour son amant.
En ce moment , Protogène sort précédant une litière sur îaquelie estLcpidus, étendu, recouvert d'un manteau. On ne voit que ses longs cheveux qui pendent mouillés, et un de ses bras dont l'artère saigne encore.
sABiNus, montrant le cadavre à Annius.
Lepidus!
ANNIUS
C'est le temps des courtes agonies.
CALIGULA, au peuple.
Au Capitule, enfans!
PROTOGÈNE.
Licteurs, aux Gémonies.
LE PEUPLE
Vive César!
STELLA, effraijée, à Aquila.
Regarde !
ANNIUS et SABINUS.
0 vengeance !
STELLA
0 terreur!
LE PEUPLE
Vive César! César est un grand empereur!
Les deux cortèges se croisent ; les chants recommencent. La toile tombe.