‹ Caligula: tragedie en cinq actes et en versChapitre 51 sur 61 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Les Mêmes, MESSALINE en Bacchante, messaune.

Salut à Claudius, le prince du festin.

Salut, César; je viens, ceFalerneà la main, Plaider auprès de toila cause de l'automne.

CAUGULA.

Dès que de sa défense elle charge Érigone, Nous ne la voulons pas condamner au hasard. Pour elle que dis-tu?

MESSALINE

Tends ta coupe. César.

CALIGULA, aprùs avoir bu.

Un si bon plaidoyer mérite récompense.

MESSALINE

Que pense donc César maintenant?

César pense

Qu'entre les deux saisons on veut choisir en vain : Le printemps a l'amour, mais l'automne alevin; Toutes deux ont reçu des faveurs sans pareilles, Si bien, pour dépouiller les lauriers et les treilles. Que d'une égale ardeur on attend leur retour, Car l'automne a le vin, mais le printemps l'amour!

MESSALINE

Par Thémis! de Minos ce jugement est digne : Couronnez donc César de roses et de vigne. Car Bacchus et l'Amour l'ont fait victorieux Et maître sur la terre, ainsi qu'ils sont aux cieux! . . .

Maintenant, Claudius, toi qui de tout dispose Comme roi du festin, invente quelque chose; Tu nous trouveras prêts à seconder tes vœux. Voyons, amuse-nous, Claudius, je le veux! CLAUDIUS, une coupe à la main.

C'est à tort que César à ma verve en appelle Quand il a près de lui son histrion Apelle. T'amuser est son art, ordonne, et tu pourras Le punir à bon droit s'il ne t'amuse pas!...

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