‹ Caligula: tragedie en cinq actes et en versChapitre 58 sur 61 · SCÈNE YII · texte numérisé non relu

SCÈNE YII

CALIGULA. eouché, CLA\]T)l\]?>, soulevant la tapisserie,, puis AQUILA et JUNIA.

Que va-t-il se passer, et quelle fête infâme Aux démons de la nuit prépare cette femme? Elle a, je crois, tout bas, parlé, dans sa fureur,

D'assassins menaçant es jours deTEmpereurl En le frappant quel est leur but, leur espérance? Est-ce un autre esclavage, est-ce la délivrance? Oh! si je pouvais fuir avant que leur regard Ne parvînt jusqu'à moi... Malheur! il est trop tard! De l'alcôve sans bruit le rideau se soulève. Ne suis-je point en proie à quelque horrible rêve!... Aquila cl Junia paraissent pendant ces derniers vers Tun à la tctc, Tautre au pied du lit.

Non... non... tout est réel!

AQUILA, reposant sur son piédestal lalampe qu'il a

prise pour regarder César.

C'est lui.

Etendant la main vers Junia , qui fait un mouvement pour

frapper.

Femme, attends-moi

Il lui passe la corde autour du cou. Junia lui appuie le poignard sur le cœur.

JUNIA

Réveille-toi, César!

AQUILA

César, réveille-toi.

CALIGULA, se dressant tout debout.

Qui m'appelle?

Moi.

AQUILA

Moi.

D'où vous vient cette audace D'entrer ici ?

AQUILA

César, regarde-nous en face.

JUNIA

Moi, je suis Junia.

AQUILA

Moi, je suis Aquila, Moi, le fiancé...

JUNIA

Moi, la mère de Stella.

Que voulez-vous tous deux à de semblables heures?

AQUILA

Ne t'en doutes-tu pas? nous voulons que tu meures.

A moi!

AQUILA

Comme nos cœurs, César, les murs sontsourds. CALIGULA, saisissant le bras de Junia. Tu te trompes, on vient... Au secours, au secours!

^juNiA, essayant de dégager son bras.

Malheur !

Non, Jupiter ne veut pas que je meure. Ils viennent.

AQUILA

De ta mort ils avanceront l'heure, Voilà tout.

Au secours!

JUNIA

Tes cris soHt superflus.

Je suis votre Empereur.

AQuiLA, l'étranglant.

Tu mens, tu ne l'es plus.

Caligula tombe et entraîne Aquila, qui lui met le genou sur la poilrine.

CALIGULA, expirant.

Ah!

Qui que vous soyez, maintenant je vous brave.

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