‹ Calorimétrie & ThermométrieChapitre 3 sur 30 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le principe posé par Lavoisier: «rien ne se perd, rien ne se crée dans la nature », conduit à cette conséquence, base de la physique actuelle : tous les phénomènes dont la matière est le siège sont des phénomènes de mouvement, mouvements différents d’ailleurs dans leur forme, leur durée, leur mode de propagation, etc., suivant la classe des phénomènes auxquels ils donnent naissance. |

Si ces mouvements sont bien connus, en ce qui concerne les phénomènes sonores et lumineux, la science est moins avancée en ce qui est relatif à la chaleur et surtout à l'électricité. Aussi nous trouvons-nous, dès le début de notre travail, en présence d’une difficulté pour définir les grandeurs physiques dont nous devons nous occuper, et ramener à une seule les définitions diverses qui ont été données de la température.

On mesurait déjà la température avant qu’on eût émis aucune idée théorique sur la nature de la chaleur, et, malgré les travaux de savants tels que Carnot, Mayer, Joule, Thomson, Clausius, Hirn, etc., on ne peut encore dire avec certitude ce que représente exactement la température telle qu'on avait appris à la mesurer avant l'établissement de la théorie mécanique de la chaleur. Aussi ne nous attacherons-nous pas à reproduire toutes les définitions théoriques qui ont été don-

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MD nées et dont quelques-unes sont absolument différentes entre elles : Pour M. R. Pictet, par exemple, la température représente « la longueur de l’oscillation calorique des molécules d’un corps» (1); pour beaucoup de physiciens au contraire, la température serait simplement fonction de la force vive moyenne des molécules du Corps.

Toutes ces définitions d’ailleurs, que ce soit celle de Pictet, de Krœnig, de Thomson, etc., concordent d’une manière satisfaisante avec l'expérience. Cette concordance ne doit pas étonner, malgré la diversité des interprétations théoriques qui ont conduit aux diverses définitions, car, ainsi que nous l’établirons plus loin : « pour que des nombres puissent représenter des températures il suffit, à la rigueur, qu’ils aient même valeur pour des corps en équilibre de température, et il est permis de les définir par tel ordre de considérations que l’on voudra (2). »

Mentionnons que dans une communication toute récente, M. Hirn semble remettre en question le principe même de la théorie cinétique des gaz. Il ne saurait entrer dans notre idée de préjuger l'issue du débat scientifique actuellement ouvert et c’est là pour nous une raison de nous abstenir de parler plus longuement de la température envisagée théoriquement, estimant d’ailleurs que tel n’est pas le point de vue auquel nous devons nous placer pour notre travail.

Ajoutons avant d'aborder réellement notre sujet de thèse que la calorimétrie et la thermométrie sont presque inséparables l’une de l’autre. Mais comme toute méthode calorimétrique comporte l'emploi d’un thermomètre, nous nous occuperons d’abord de la température et des moyens de la mesurer.

(1) Compt. rend., t. LXXXVIIL, p. 854, (2) Verdet. Œuvres, t. VII, p, 204.

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