‹ Cambodge: Contes et légendesChapitre 30 sur 46 · LE MARCHAND KT LES TROIS PASSAGERS · texte numérisé non relu

LE MARCHAND KT LES TROIS PASSAGERS

perdues par lour faute, mais les trois passagers se récrièrent et tentèrent de rejeter l'un sur l'autre toute larcsp msabilitéde 1 acci<Ient. Aucun d'eux ne voulait payer.

— C'est celui qui a danse qui doit psiyer, disait le musicien, parce ()ue s'il n avait pas dansé le bateau n'aurait pas chaviré.

— Je n'aurais pas dansé, disait le danseur, si celuici n'avait pas battu des mains; c'est lui (pii a causô l'arcident, parce (|ue battre dt's mains, chacun sait cela, c'(»s! invitcM* à la danse. Qu'il pay<; !

— Je n'aurais pas baltu des mains, disait Taccompagnateur. si celui-ci n'avait pas joué de la musicpie. Vous savez bien que le saxUeu doit toujours être acrompa^^né avec les mains. C'est donc le musicien qui est la cause première de l'accident et qui doit payer vos marchandises.

Mais le musicien ne l'entendait pas ainsi :

-- yue celui qui a fait remuer le bateau en dan- . sant et que celui qui a battu des mains pour inviter a danser, payent, ce sera juste. Quant A moi, qui n'ai pas fait remuer le bateau, je n'ai rien à iwyer.

La discussion n'aurait pas pris tin si le commer- <;anl.lasde les entendre se disputer, n'avait été |>orter plainte contre eux aux juges et réclamer des dommages-int4''réls. I^ roi ayant <'té mis au courant de celte alTaire. voulut la jn<^M*r. I^> plaignant et les trots lionnnes cillas furent amenés en leur pr('*M*nce. Il les

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interrogea avec soin^ puis ayant réfléchi quelques instants, il dit aux trois hommes:

— Vous êtes responsables tous les trois, mais & des degrés différents: celui qui a joué de la musique est la cause première de l'accident, il payera un cinquième de la valeur des marchandises perdues ; celui qui a battu des mains et qui par conséquent s'est fait l'accompagnateur et le complice du premier, payera un cinquième; quant à celui qui a dansé et fait chavirer le bateau, sa culpabilité est plus grande, il payera trois cinquièmes de la valeur des marchandises perdues ^

Les trois hommes et le plaignant se retirèrent très satisfaits de ce jugement qui est dit avoir été rendu conformément à la« marche dans la voie droite ».

^ Le verdict royal est, dans les Texleê khmers de M. Aymonier, remplacé par cette leçon : « Le roi décida que la valeur dea marchandiaet serait partagée. Le masicien payerait une part, l'accompagnateur deux et le danseur trois. »

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