‹ Cambodge et JavaChapitre 31 sur 98 · SUPPLICES DES ENFERS · texte numérisé non relu

SUPPLICES DES ENFERS

béatitudes dont ils jouissent dans le paradis. Les juges infernaux rendent leur sentence et les démons s'emparent des gens dont la vie a été répréhensible pour les livrer aux supplices les plus fantastiques. L'enfer est ici divisé en de nombreux compartiments, autant de panneaux tous remplis de sujets épouvantables et lugubres, qui témoignent de l'imagination féconde des sculpteurs Khmers. LesCbinois seuls, dans leurs temples, ont des peintures et des sculptures qui arrivent presque à les égaler. On ne saurait, en effet, inventer de tortures plus effroyables. Les démons versent de l'eau bouillante dans la bouche des damnés, arrachent leurs membres, ou les exposent sur des charbons ardents. D'autres s'emparent des malheureux pour leur arracher les yeux et les dents, les crucifier ou piler leurs membres dans des mortiers. Les damnés sont autre part dévorés vivants par des oiseaux de proie ou foulés aux pieds par des éléphants infernaux, etc. A la suite de toutes ces horreurs on est heureux de voir la béatitude éternelle et la joie qui régnent clans le paradis des Khmers.

Les élus sont conduits par les anges d'Indra ou les Préa-chedoc-loc, dans des jardins délicieux. Les réunions joyeuses sont partout sous les ombrages divins et parmi les fleurs. Les danses, conduites par les Tevadas du ciel et la musique que font les célestes Apsaras, réjouissent les élus qui ont pour demeure des palais enguirlandés de perles et de bijoux.

Du côté gauche de cette même galerie, les bas-reliefs montrent le triomphe de la paix et la grandeur du roi Préa-Ket-Méaléa. Nous voyons le roi entouré de tous les grands de sa cour, présidant une cérémonie importante. Il reçoit les hommages des rois vaincus devenus ses tributaires. Tous défilent devant le trône royal sur lequel Préa-Ket-Méaléa est assis à l'orientale. Us le saluent, et l'admirent en lui présentant leurs différents insignes et bannières. Le roi a le torse nu, mais son cou et ses bras sont chargés de colliers ou de nombreux bracelets ciselés. Sa chevelure longue, relevée sur sa tête, est maintenue par un léger diadème et d'autres ornements.

Les galeries orientées au nord et à l'ouest sont occupées par des sculptures qui rappellent l'épopée grandiose décrite dans le Ramayana, le célèbre poème Hindou. Ce sont les exploits de Rama (incarnation de Vishnou) et ceux du géant Râvan, le roi de Langka (Ceylan).

Rama, pour obéir à un serment fait imprudemment par son père, le roi Dasaratha, est forcé d'abandonner ses droits à la couronne pour les remettre à l'un de ses frères, Rharata, et d'aller vivre dans la retraite au milieu des forêts avec la princesse sa femme, Sita (incarnation de Lakshmi, déesse de la beauté

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