‹ Camilla; ou, La soeur et le frère, comédie-vaudeville en un acteChapitre 8 sur 32 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

MISTRISS CARINGTON, EDGARD MISTRISS CARINGTON.

Quoi! à peine arrivé, et déjà des secrets... des mystères.. .

EDGARD

Non , ma tante ... je n'en aurai jamais pour vous ! entre parens, entre amis , il faut de la franchise. . . et si j'ai par hasard quelque bonne qualité , à coup sûr, c'est celle-là . . . car je dis toujours tout haut ce que je pense et ce que je veux faire.. . Voici donc mes intentions : j'aime Camilla et je compte l'épouser. . . si elle y consent. . .

MISTRISS CARINGTON.

Et vous me faites là , sur-le-champ , un pareil aveu , à moi?. ..

EDGARD

C'est à vous que je le devais d'abord. . .ma tante, comme chef de la famille . . .

MISTRISS CARINGTON.

Et séduit par son adresse . . . par sa coquetterie . . . c'est après l'avoir vue un instant... c'est après un seul entretien avec elle que vous vous décidez à prendre une résolution pareille?. . .

a8 CAMILLA i

EDGARD

S'il en était ainsi. . . quelle idée auriez-vous de moi. . . Élevé auprès d'elle, je l'avais toujours aimée. . . arrivé a ma majorité je la demandai en mariage à son père , qui venait d'être mon tuteur, et qui bravement me refusa.

MISTRISS CARINGTON.

Lui!...

EDGARD

Oui , ma chère tante. . . « Vous êtes Irès-riche , me dilil , et ma fille n'a rien ; on croira que j'ai usé de mon influence sur mon pupille pour l'amener à ce mariage , cela fera du tort à mon honneur, et moi , pauvre avocat , mon honneur est ma seule fortune.. .» C'était vrai. Il n'en avait pas d'autre., .mais de ce côté- là , il pouvait se vanter d'être riche . . .

MISTRISS CARINGTON.

Je ne dis pas non !

EDGARD

Vous jugez de mes réclamations. . .de mon désespoir. H n'en fut pas touché. . . « Eh bien ! me dit-il , quittez-nous, allez pendant trois ans sur le continent pour voyager, pour achever votre éducation... si au retour vous n'avez pas changé d'idée. . si vous voulez encore épouser ma fille. . . cela ne me regarde plus. . . vous lui demanderez à elle, si elle vous aime. . . et alors. . .

MISTRISS CARINGTON.

Alors ... eh bien ! . . .

EDGARD Eh bien!... c'est ce que j'allais lui demander quand vous êtes venue nous interrompre. . .

MISTRISS CARINGTON, d'un air grave.

Mon neveu, vous êtes maître de votre main et de votre fortune... je n'ai point de conseils à vous donner, ils vous paraîtraient suspects dans ma bouche . . . car voua n'ignorez pas quelles étaient mes espérances. . . Vous avez d autres vues \ il n'est donc plus question de nous. . . mais de votre seul bonheur; et à vous parler franchement , je ne sais pas si dans un pareil mariage vous serez bien sûr de le trouvei .

EDGARD

Que voulez-vous dire r4 . . .

MISTRISS CARINGTON.

Que depuis la mort de M. Tyrold, miss Camilia sa fille a élé confiée à ma garde, à ma tutèle , et j'ai cru voir. . . j'ai cru observer dans sou caractère , tantôt une raideur et une fierté. . .tantôt une sécheresse de cœur: et dans sa conduite un défaut d'ordre et d économie. . . surtout une dissimulation qui irait mal avec votre franchise habituelle. . . EUGARD.

C'est impossible .'. . . vous vous êtes abusée!. . .

M ISTH ISS CARINGTON.

Attendez , monsieur, attendez quelque tems encore.. . et vous déciderez alors si c'était de mon côté ou du vôtre qu'il y avait prévention.. . Voici ces demoiselles.

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