‹ Camille SpiessChapitre 16 sur 43 · I. Aurore, aph · texte numérisé non relu

I. Aurore, aph

musique décadente du « Progrès », des violons sentimentaux.

// faut une grande âme pour supporter mes écrits^ dit Nietzsche. Aussi ai-je le bonheur d'irriter contre moi tout ce qui est faible et vertueux.

Etre vrai et sincère à tout prix, tel est rhéroïsme en quoi Spiess s'identifie. 11 faut convenir que là n'est pas le moyen d'acquérir la popularité, dont peu se soucie notre philosophe.

Etre vrai envers soi-même! Dur labeur, pénible conquête ! il estdonné à peu d'hommes de sentir en soi le rythme d'un monde, l'ivresse d une tempête, la plénitude d'un présent où résonne, confondue, l'harmonie de l'avenir,au delà des Espaces, par-dessus leTemps.

Délaissant complètement Vidée métaphysique ou théologique (« Idéalismie » rationaliste), subjectivité éternelle et finie, Spiess s'élève du Fait scientifique ou expérimental (« Pragmatisme » romantique), objectivité variable et infinie jusqu'à la Pensée bio -psychologique, mythologique ou philosophique,

(« Spiritualisme » impérialiste), objectivité subjective éternelleetinfiniej'usqu'augénie biasexuel (Androgyne), bio-psychique et tragique, qui est la Vie, le Mythe, la Réalité infinie, la Vérité de l'éternel, la Sagesse et la Culture (i).

Nous wti'ï'onsdâns Jmpérialismes comment il identifie son Troisième Sexe bio-psychologique avec le Fils de roi, l'Aryen de Gobineau.

En 191 f^, Camille Spiess fait paraître Pédérastie et Homosexualité (2), où il précise le sens des mots pédérastie et homosexualité, en réponse à une confusion de ces deux vocables faite par la revue la Vie intime.

D'après notre auteur, le pédéraste est le troisième sexe bio-psychologique dont il est déjà fait mention dans ?\2Xox\'. Avec les sexes mâle et femelle, il en était un troisième qui

1. Que Spiess oppose à la réalité' bornée de l'être (art), au songe et au mensonge, à la Foi et à la Loi-

2. A Paris, Messein; à Leipzig, Verlag von Max Spohr; à Genève, Edition de la Tribune libre. (Une 2° éd. a paru sous le titre : Amour platonique et Sexualité^ à Paris, Daragon).

participait de ces deux (i). La Pédérastie serait donc le cuite de l'Humanité, de TAmitié virile, telle que la conçut 1' « instinct hellénique » ou antique, qui aimait en la femme la bonne ménagère fileuse de laine, procréatrice de beaux enfants.

Dans l'antiquité, la femme passait au deuxième^plan de l'affection des hommes. 11 se nouait entre hommes de solides amitiés, ainsi qu'en fait foi la cohorte sacrée des Amants (2). Le Sage aimait reposer sa vue sur le galbe harmonieux d'un jeune éphèbe assoupli aux jeux cadencés du gymnase, en même temps qu'à féconder son esprit d ingénieuses paraboles.

En notre monde moderne, où la paralysie agitante a remplacé l'harmonie, l'atrophie du cerveau domine et fond l'eurythmie corporelle, le culte religieux de la femme emplit l'âme romantique où fermente le

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