CHAPITRE IV
une batterie commandée par le capitaine Lami y s’avancèrent jusqu’à portée de mitraille du fort de l’Empereur, et restèrent exposés à son feu pendant quatre heures. Ces deux officiers, isolés du reste de l’armée, profitèrent habilement de la forme du terrain pour mettre leur troupe à l’abri du feu de la place , et furent constamment en mesure de repousser une sortie de la garnison.
Le général Loverdo, après une marche des plus pénibles, occupa le chemin de Constantine ; le duc d’Escars se logea dans les jardins qui sont à droite, et le général en chef resta une partie de la matinée sur le Boud-Jareah pour étudier la place et prendre ses dispositions d’attaque.
Alger nous apparaît enfin dans toute sa grandeur! Nous voyons ses minarets, ses murailles blanches, son port, ses batteries formidables... ce fort de l’Empereur, dont le nom a été si souvent prononcé par nos soldats depuis l’ouverture de la campagne... Par-tout il y a du monde, et on est disposé à la défense. Des acclamations se font entendre alors sur toute la ligne, et l’armée
salue de ses cris de victoire les remparts de cette ville orgueilleuse qui bientôt va s’humilier devant l’étendard, naguère l’objet de ses insultes. Un fort rassemblement de troupes se trouve entre la ville et le fort de l’Empereur ; il paraît disposé à se porter sur le point menacé.
Le rivage du côté de la porte de Bab- Azoun est couvert de gens qui évacuent la ville avec leurs familles et tout ce qu’ils possèdent. Plusieurs maisons de campagne portent des pavillons, ce sont les habitations d’été des consuls européens. Deux d’entre eux arrivent et demandent à parler au général en chef. Ils viennent , au nom de tous les consuls, offrir leurs services à l’armée française, et annoncent qu’ils sont réunis au Consulat d’Amérique. Cette démarche est considérée par tout le monde comme d’un bon augure pour l’issue de la campagne; elle prouve que la cause du Dey est perdue dans l’esprit des agents des différentes puissances de l’Europe.
Ils nous apprirent aussi « que le Dey « n’avait pas voulu s’opposer à notre débar-