CHAPITRE VII
on lui avait signalée comme la partie la plus fertile de l’arrondissement d’Alger. Le gouvernement français lui ayant aussi demandé des renseignements sur la possibilité d’établir des colonies dans la Régence, il voulait lui répondre avec connaissance de cause. Ce motif, plus encore que les instances des habitants de Blida , le décida à faire une reconnaissance jusqu’à cette ville. Déjà les ordres de départ avaient été donnés, lorsque la commission du Gouvernement établi à Alger lui adressa quelques observations et le pressa de différer l’exécution de son projet quelle regardait comme intempestif, dangereux, et devant faire manquer indubitablement l’entrevue des chefs de tribus qui allaient se rassembler le 25 au cap Matifoux, pour y traiter la question de la soumission à la France. On craignit que la révocation des ordres qui avaient été donnés pour le départ ne produisît un mauvais effet dans l’armée, quelle ne fût au-dehors attribuée à la crainte, et on ne tint aucun compte de ces sages remontrances. Il y avait d’ailleurs parmi tous les officiers qui devaient faire
CAMPAGNE D AFRIQUE, partie de cette petite expédition un vif desir de voir du nouveau , et chacun était persuadé qu’avec douze cents hommes on serait à l’abri de tout échec.
Le commandement des troupes fut donné au général Hurel ; elles se composaient d’un bataillon d’infanterie légère et de huit compagnies de voltigeurs de la troisième division , de quatre pièces de canon, et d’un escadron de chasseurs. M. le duc d’Escars accompagna le Maréchal . L infanterie et S artillerie se mirent en route le 22 au soir, et bivouaquèrent sur le versant des hauteurs qu i dominent la plaine. L’expédition se remit en marche le 23 à la pointe du jour, et fut rejointe à quatre lieues de Blida par le Maréchal et son état-major, qui avaient quitté Alger dans la matinée. Il s était fait suivre par un convoi de vivres et de munitions. La marche fut longue et pénible*, et quand on arriva à Blida à six heures du soir, on était harassé de fatigue. Les habitants accoururent en foule et vendirent à nos soldats les provisions dont ils avaient besoin. Le Maréchal s’installa dans une maison isolée de