‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 101 sur 345 · LIVRE DEUXIEME. — JOSNES · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME. — JOSNES

continuer la lutte sur les positions qu'on occupait dans le cas où les corps de la rive gauche pourraient, de leur côté, reprendre leurs opérations, et attirer sur eux une partie de l'armée du prince Charles , sinon battre en retraite sur Vendôme ou sur le Mans, pour se reconstituer derrière le Loir ou la Sarthe, si aucune diversion n'était possible. Dans le premier cas , on pouvait encore avoir l'espoir d'user l'ennemi, dont les troupes étaient déjà très-éprouvées par la fatigue, réduites par les pertes, et le rejeter dans l'est en reprenant Orléans; dans le deuxième on allait découvrir Tours, où la délégation du Gouvernement ne pouvait plus dès lors rester. C'est à ce dernier parti qu'on s'était arrêté depuis quelques jours déjà, car le ministre annonça que la délégation se transportait à ce moment même à Bordeaux '.

Fixé par cette conversation , le commandant en chef de la deuxième armée , tout en prenant sa résolution d'une retraite sur le Loir d'abord , voulut néanmoins essayer encore de tenir tête à l'ennemi , comptant sur les changements de fortune si fréquents à la guerre ^. Il fallait, du reste , préparer l'opération si délicate de cette retraite , et faire refouler de Mer et de Blois, sur la nouvelle base d'opération , le matériel et les approvisionnements de toutes sortes qui y étaient accumulés. En conséquence, les instructions données le 9 au soir pour la journée du 10 furent les suivantes :

^ Cette détermination av.îit déjà été portée à la connaissance du généra? en chef par un télégramme do la journée. (Voir la note 11.)

- Une dépêche télégraphique de Tours donnait ce j.ru-îù luànie î -s renseignements les nlus encourageants. (Voir la note J2.)

« Au grand quartier général de Josnes, le 9 décembre 1870.

» Aujourd'hui l'ennemi, qui après la journée d'hier » avait couché à proximité de nos avant-postes, a de » nouveau essayé une attaque de nos lignes. Dès le matin » il faisait une démonstration sur Gernay, où des forces » avaient été laissées lorsque l'armée s'était étirée du » champ deb ataille.

M Peu d'instants après il attaquait en force les positions » de gauche , occupées par la cavalerie du 1 6® corps et la » division Gollin du 21*. Repoussé vigoureusement par les » troupes aux ordres du général Jaurès , il a attaqué de nou- » veaule centre des positions, et après une canonnade assez » vive sur l'aile droite par des batteries à cheval escortées de » uhlans et soutenues par le feu d'autres batteries placées » sur la rive gauche , il paraissait avoir renoncé à un enga- » gement sérieux , lorsque vers trois heures et demie des » colonnes nombreuses, massées au delà de la crête qui » se prolonge de Villorceau dans la direction de Beau- » gency, débouchèrent sur notre extrême droite avec » l'intention évidente de nous tourner , en se dirigeant sur » Mer par la ligne du chemin de fer. Cette attaque, qui » était pour les Prussiens le but réel de la journée, a été » repoussée avec beaucoup de vigueur par les troupes aux » ordres du général Tripart, disposées le long du ravin de » Tavers, soutenues par la V^ division du 16® corps et la » 1'* division du 17% sous les ordres de l'amiral Jaurégui- » berry, commandant l'aile droite.

» Partout les troupes ont fait bonne contenance ; on n'a » pas perdu un pouce de terrain , et l'armée couche sur » ses positions de ce matin. C'est là un résultat des plus

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