DE CHAMBORD
La situation se compliquait d'ailleurs sur la Loire, que des colonnes allemandes descendaient par la rive gauche , voyant qu'elles n'y rencontraient aucune résistance sérieuse. Le général Maurandy, dirigé sur Ghambord pour défendre le parc , avait trouvé les francs-tireurs de Paris , qui le gardaient, repoussés d'une partie de leurs positions, et l'intérieur du parc envahi. Ne pouvant s'y maintenir parce qu'il n'avait encore sous la main qu'une faible partie de ses troupes , les autres n'arrivant que successivement, il dut se replier sur Blois \ Le général Barry, qui défen-
1 Cette affaire de Ghambord a été généralement mal racontée et mal appréciée. Après une enquête faite aussi consciencieusement que le permettaient les circonstances, nous pensons que la vérité ressort du rapport adressé par le général Maurandy au général en chef, rapport reproduit in extenso à la note n<* 14.
dait ce point avec ce qu'il avait pu y ramener de sa division et quelques débris du 15^ corps aux ordres du général Peytavin , avait dû faire sauter le pont , et redoutait pour la ville un bombardement de la part de l'ennemi , qui , maître du faubourg de Vienne , menaçait de la brûler si on cherchait à la défendre. Il n'y avait donc plus à compter sur l'occupation certaine de cette position importante , et si les Allemands parvenaient à y rétablir le pont ou à réussir dans leurs essais d'en faire un avec des bateaux malgré les difficultés que créaient les glaçons charriés par le fleuve , l'armée pouvait d'un moment à l'autre être prise à revers.
La dépêche ci-après rendait compte au Gouvernement de ce qui s'était passé dans la journée du 10 et de la situation :
« Nous avons encore tenu aujourd'hui sur nos positions » malgré les efforts faits par l'ennemi sur notre aile » gauche et sur notre centre. On s'est battu depuis huit » heures du matin jusqu'à cinq heures et demie du soir. 5) L'ennemi a été partout repoussé, bien que nous ayons » eu affaire à une très-nombreuse artillerie. Le village » d'Origny, occupé hier au soir par les Prussiens, a été » repris avant le jour par une attaque de vive force. Le » nombre des prisonniers faits à l'ennemi dans la journée » est d'environ quatre cents; parmi eux, un major d'in- » fanterie. Ils confirment les pertes considérables faites « par les Prussiens dans les dernières journées. Hier et » aujourd'hui , nos mitrailleuses ont fait de nombreuses ); victimes. Toutes les fermes sont remplies de blessés » ennemis. De notre côté, pertes sensibles; le colonel » américain Burr-Porter blessé grièvement.
)> On aperçoit sur la rive gauche de la Loire un mouve- » ment ennemi se dirigeant sur Blois; les paysans affir- » ment avoir vu un équipage de pont; cependant aucune