‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 108 sur 345 · LIVRE DEUXIEME. — JOSNES · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME. — JOSNES

'> attaque , les mêmes dispositions qu'aujourd'hui pour les » reconnaissances à faire et pour les positions de combat '> à occuper.

» Si à dix heures l'ennemi n'a fait aucune menace, tous ) les corps opéreront leurs mouvements de retraite pres- ■■' crits ce matin , pour venir s'établir sur la ligne qui , » partant de Poisly , vient aboutir à Avaray par Lorges , ;î feriou , Roches , Goncriers , Seris et Villegonceau.

» Chaque commandant de corps d'armée choisira , sur » la partie de cette ligne qu'il doit occuper, les positions " de défense les plus avantageuses , en se reliant exacte- » ment avec les autres corps , en s'éclairant en avant et « en se couvrant par des avant-postes poussés au loin. ;> Chacun d'eux donnera des ordres pour la direction de » ses convois, qui devront toujours précéder le mou- » vement de retraite d'au moins quatre kilomètres. L'ami- » rai Jauréguiberry conservera jusqu'à nouvel ordre le ' commandement des troupes du général Tripart et de !' celles qui sont à Mer. Il commande ainsi l'aile droite.

» Les parcs, les grands convois, les réserves d'artillerie » et les ambulances devront être dirigés, dans chaque » corps, sur des points bien déterminés, pour empêcher » l'enchevêtrement, tout en assurant leur sécurité et le » service des approvisionnements en vivres et en muni- »> tions.

>i La direction générale du 21'* corps, dans le mouve- » ment de retraite , sera sur Fréteval ; celle du 1 7® corps ' sur Oucques; celle du 16^ sur Pontijoux, Selommes et » Vendôme.

» Le grand quartier général, à moins d'ordres con- » traires, sera demain soir à Talcy.

» On devra compléter les munitions brûlées aujour- » d'bui , et s'assurer , dans tous les corps , que les hommes » ont bien leurs deux jours de vivres de réserve et deux

»♦ jours de vivres de consommation, de façon à ce que ^ tout le monde soit aligné jusqu'au 14 inclus. L'exëcu- » tion de cet ordre est de la plus haute importance pour !' assurer le mouvement que l'armée va faire. »

Le 11 décembre, la retraite de la deuxième armée, pivotant sur sa gauche, commeïiça à dix heures du matin. L'ennemi, qui s'était retiré la veille très-fatigué et qui n'avait rien pénétré de nos projets , fut longtemps avant de serendre compte de ce qui se passait. C'est à peine s'il chercha à nous inquiéter en dirigeant sur la 3® division du 17^ corps une canonnade que l'artillerie de cette dernière fit bientôt cesser. Vers trois heures, toutes les troupes étaient établies au bivouac sur les positions assignées. Une heure après, une colonne a^llemande d'infanterie et d'artillerie s'avança sur Seris et s'empara de la ferme de Mortais, après avoir fait prisonnier le poste qui la gardait. Le IV bataillon de chasseurs à pied, envoyé à la hâte, essaya en vain de reprendre la ferme et le poste ; la fusillade continua jusqu'à sept heures. Il était cependant de toute nécessité de déloger l'ennemi de ce point qui dominait une partie de nos positions, et d'où il pouvait nous inquiéter sérieusement le lendemain s'il y établissait de l'artillerie. Il fallait aussi continuer à le tromper sur le mouvement qui s'opérait, retarder sa marche sur Mer, dont l'évacuation était longue par suite de l'agglomération des vivres et du matériel dirigés sur cette gare. Le généial de Roquebrune reçut donc l'ordre de réoccuper Mortais avant le jour, et cet ordre fut exécuté d'autant plus facilement que l'ennemi, se rappelant Origny, évita cette nouvelle attaque de nuit et se retira.

POSITIONS DE l'armée LE 1 1 AU SOIR.

Le 1 1 au soir, l'armée occupait les positions suivantes :

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