DESTRUCTION DU PONT DE FRÉTEVAL
En prévision des nouveaux efforts qu'allait tenter l'ennemi , il y avait d'abord à l'empêcher de traverser le Loir à Fréteval. Le pont de ce village est en bois, peu solide, d'un accès difficile surtout pour les voitures , mais c'était un passage important; il fallait donc le reprendre ou le détruire; le général Jaurès reçut pendant la nuit des ordres en conséquence*. Le 15 au matin, les reconnaissances du 2P corps signalaient que le gros des forces allemandes se reportait sur la droite de l'armée, et que Fréteval était toujours occupé. Le commandant du 2P corps, après avoir bien déterminé les emplacements de l'ennemi et reconnu qu'il n*y avait aucun mouvement sérieux à craindre sur ses flancs , donna l'ordre d'enlever le village et de brûler le pont. Le lieutenant-colonel Michaud s'avança résolument avec deux bataillons, et trouva la partie sur la rive droite évacuée; mais une fusillade terrible, partant des mamelons que domine la tour de Fréteval, accueillit sa tête de colonne lorsqu'elle déboucha sur le pont pour en opérer la destruction. Il fit occuper immédiatement les maisons, d'où ses tirailleurs purent répondre au feu de l'ennemi, tandis qu'une batterie tirait sur la tour. Le colonel du Temple put alors s'approcher, prendre également position avec trois bataillons, et protéger la
* Voir à la note 2 la dépêche télégraphique n° 409, et celle du général Jaurès de Busloup, 15 décembre, à six heures du matin, rendant compte des combats de la veille.