‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 156 sur 345 · LE MANS · texte numérisé non relu

LE MANS

Le Mans, outre les grandes ressources qu'il offrait p^jur une armée qui avait à se refaire, était encore un des points

stratéjjiques les plus importants de l'ouest de la France. Cinq lignes ferrées y aboutissent , le reliant avec Paris par Chartres, Cherbourg par Alençon et Gaen, Brest par Laval et Rennes, Nantes et Rochefort par Angers, le centre et Test de la France par Tours, Orléans et Poitiers.

Le pays qui l'environne est très-accidenté, couvert de forêts de pins et d'arbres fruitiers, coupé de haies, de talus et de fossés qui bordent les routes, les chemins et les propriétés, offrant ainsi des avantages sérieux pour la défense.

Bâtie en grande partie sur la rive gauche de la Sarthe, à l'endroit où elle reçoit l'Huisne, son principal affluent, dominée à courte distance et presque de tous les côtés par les collines qui bordent les vallées des deux rivières, la ville n'est point par elle-même une position militaire et doit être protégée d'assez loin si l'on veut la défendre, surtout contre une attaque venant de l'est. Dans ce cas, on est forcément amené à occuper les deux rives de l'Huisne et à se mettre à dos la Sarthe pour conserver la ville , les grands établissements et la gare des chemins de fer, tout autant que pour ne pas laisser à l'ennemi, s'emparant du Mans, toute facilité pour traverser la Sarthe et forcer ainsi une des grandes lignes de défense de la région occidentale.

D'un autre côté, il fallait, pour réorganiser l'armée le plus promptement possible, pour lui donner le repos dont elle avait si grand besoin et l'approvisionner de tout ce qui lui manquait \ ne pas trop la disperser et la camper à proximité de la ville et des approvisionnements, tout en maintenant l'ennemi à distance , en se préservant d'un

1 Des effets avaient bien été expédiés des magasins et des dépôt?, mais ils avaient dû être, pour la plupart, conservés dans les gares, et ceux qui étaient parvenus jusqu'à l'armée e. avaient pu être distribués faute de temps pendant les journées de combats inccssnnts depuis le 30 novembre.

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